EXERCICE D’ALERTE CONTRE LE DEVERSEMENT TRANSFRONTALIER DES HYDROCARBURES

POINTE-NOIRE, 24 SEPT (ACI) – Les participants à l’exercice bilatéral destiné à tester le système de communication entre le Congo et le Gabon en cas de déversement transfrontalier occidental d’hydrocarbures, tenu les 14 et 15 septembre derniers à Pointe-Noire, ont recommandé l’organisation des exercices périodiques pour développer les réflexes.
A cette occasion, le comité d’intervention, l’état-major de commandement et le groupe d’assistance de l’industrie pétrolière se sont également prononcés pour la création d’une cellule de communication auprès du chef d’état-major de commandement, la conclusion d’un accord entre le Congo et le Gabon, ainsi que les autres pays de la sous-région en cas de déversement des hydrocarbures, la formation du personnel en charge des questions relatives au plan, l’activation des fonds prévus par le plan National d’Intervention d’Urgence (PNIU).
La vulgarisation du PNIU, l’aménagement d’une salle équipée moderne pour de meilleures conditions de travail, l’acquisition d’un équipement adapté à la situation du pays en termes de potentialités, l’encouragement de la coopération entre les pays de la sous-région dans la tenue des exercices bilatéraux et multilatéraux en cas de pollution par des hydrocarbures, figurent aussi au nombre des recommandations de cet exercice qui s’est déroulé simultanément dans les pays concernés.
Organisées par le gouvernement pour le cas du Congo, avec l’appui technique et financer de l’Organisation Maritime Internationale (OMI) et l’Association Internationale d’Etudes des questions environnementales et sociales du secteur pétrolier (IPIECA) dans le cadre du projet Initiative Mondiale pour l’Afrique Occidentale, Centrale et Australe (GIWACAF), ces assises ont permis aux partenaires publics et privés de renforcer leurs capacités et leur expertise pour répondre de manière efficace à une situation de crise et à actualiser le PNIU en cas de pollution marine majeure.
A cet effet, le directeur général de la marine marchande, M. Jean Félix Mountou-Tchicaya a relevé que «l’humanité tout entière est préoccupée par la recherche des solutions idoines pour un environnement décent qui concilie le développement économique, le cadre de vie agréable pour l’homme, sa santé et la gestion rationnelle de la planète. Et l’agenda mondial sur les défis et les enjeux des changements climatiques le prouve à suffisance».
En ce qui concerne le Congo, M. Mountou-Tchicaya a signifié que le gouvernement y est fortement impliqué pour assurer un équilibre harmonieux des activités maritimes, ajoutant que ceci se traduit par les efforts accomplis par le département dans la ratification de toutes les conventions de l’OMI, notamment en matière d’environnement, plaçant ainsi le pays au premier rang des membres de l’organisation ayant ratifié les principaux instruments.
Pour le chef du projet GIWACAF, M. Anton Rhodes, les questions de coopération transfrontalière sont hautement importantes et ont été identifiées par les points focaux comme une priorité pour le programme du GIWACAF dont l’espoir est d’être en mesure de répliquer ce type d’exercices dans d’autres pays de la région en 2016.
Aussi, a dit M. Rhodes, la capacité du Congo à intervenir en cas de crise est assez importante, tout en insistant sur la coopération entre les Etats en termes de communication, la collaboration étroite entre les opérateurs privés du secteur pétrolier et l’administration, ainsi que la bonne compréhension du mécanisme de la mobilisation des finances des organismes internationaux.
Le préfet du département de Pointe-Noire, M. Alexandre Honoré Paka, en sa qualité de président de l’état-major de commandement, a indiqué que cet exercice bilatéral d’alerte entre le Congo et le Gabon couvre les aspects de la convention internationale pour la préparation et- la coopération en matière de lutte contre la pollution de 1990 (OPRC-90) et de la promotion des PNIU.
Le Congo a approuvé par décret 2201-15 du 31 décembre 2001 son PNIU créé en septembre 1975. Ainsi, il a, non seulement traduit l’importance accordée au problème de développement du secteur maritime, plus précisément de la protection de l’environnement marin, mais aussi a pris ses responsabilités en tant que pays producteur de pétrole, au regard des risques encourus, a fait savoir M. Paka, relevant en outre que la pollution marine ou continentale nécessite une collaboration sans faille entre l’Etat et les opérateurs pétroliers et naturellement entre les différents Etats et l’ensemble des organismes concernés.
Fruit du partenariat entre l’OMI et l’IPIECA, le projet GIWACAF vise le renforcement des capacités nationales des 22 pays d’Afrique Centrale, Occidentale et Australe, membres par la mise en place des partenariats locaux entre les industries pétrolières et les autorités responsables de la préparation et de la réponse aux déversements des hydrocarbures en haute mer.
Une des caractéristiques de cette institution lancée en 2006 est de promouvoir le développement du partenariat public-privé pour une réponse à ces déversements, en faisant usage de l’expertise et des ressources existantes au niveau des industries locales.
Le GIWACAF est un programme financé conjointement par l’OMI et neuf compagnies pétrolières membres du projet, à savoir BP, Chevron, Conoco Philips, ENI, Exxon Mobil, Marathon, Perenco, Shell et Total, par l’intermédiaire de l’IPIECA. (ACI)

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