CONTRIBUTION NATIONALE A LA 21EME CONFERENCE DES PARTIES

BRAZZAVILLE, 30 NOV (ACI) – Le conseiller à l’environnement près le ministère du tourisme et de l’environnement, M. Joël Louméto a sensibilisé le 20 novembre dernier à Brazzaville, les communicateurs sur la Contribution Nationale à la 21ème Conférence des Parties (COP 21), relative à la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC), devant se tenir en décembre prochain à Paris en France.

         Cette rencontre qui devrait parvenir, entre autres, à l’adoption d’un accord juridique contraignant applicable à tous les Etats membres, afin de limiter la hausse de la température en deçà de 2°C, a conduit le Congo à élaborer une Contribution Prévue Déterminée au Niveau National pour réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), axée sur deux scénarii dits scénario tendanciel et scénario «bas carbone conditionnel».

         Le premier correspond à un développement économique faiblement maîtrisé du point de vue des émissions. Il intègre les décisions déjà prises par le pays telles les politiques publiques engagées pour atténuer les émissions de GES à savoir : le code forestier, le réseau des aires protégées, la directive nationale de réduction du torchage, etc.

         Ce scénario tendanciel repose sur l’adoption d’une nouvelle loi forestière qui impose l’utilisation de techniques d’exploitation à impact réduit, ainsi que la certification forestière d’ici 2016. La quasi-totalité des 11,7 millions d’hectares de la superficie forestière affectée à la production disposeront d’un plan d’aménagement forestier.

         Aussi, l’adoption d’un Plan National d’Afforestation des Terres (PNAT) permettant de garantir un domaine forestier permanent, des opérations de reboisement dans le cadre du Programme National de Reboisement (PRONAR) devant faire passer de 500 ha actuellement à 100 000 ha par an pour les plantations forestières et agro-forestières, ainsi que des surfaces de restauration de forêts, figurent également parmi les mesures de ce scénario.

         Par contre, le second scénario nécessite des engagements financiers supplémentaires sollicités auprès de la communauté internationale. Sa mise en œuvre exige que l’ensemble des unités d’aménagement et d’exploitation deviennent certifiées en 2025, et, qu’au moins tous les exploitants disposant de plus de 100 000 ha de superficie «utile» dans leur concession, installent des unités de cogénération recyclant les produits issus de la transformation du bois.

         Ce dernier scénario se propose de réduire en 2025 la déforestation non planifiée à 20% de son niveau actuel par la mise en œuvre de la REDD+, y compris dans les aires protégées ; généraliser l’utilisation des foyers améliorés (20% en 2025 et 50% en 2035) ; améliorer les meules de charbon en 2025 (le rendement passant de 15 à 25%) ; transférer une partie des plantations prévues de palmiers à huile en savane (100.000 ha) ; le développement de la transformation des bois ; la formation des cadres dans différentes écoles forestières et écoles des métiers du bois et la création des forêts.

Toutefois, a estimé M. Louméto, grâce à une politique de gestion durable de ses ressources forestières, le Congo a conservé une couverture forestière importante (65% du territoire national) constituant un puits de carbone dans l’atténuation des émissions de GES, et un réservoir de biodiversité inestimable pour l’ensemble de la planète.

Cependant, le pays ne se sent pas suffisamment soutenu par la communauté internationale dans ses efforts de conservation des forêts face au changement climatique qui est une menace pour la société, l’économie et l’environnement congolais.

En effet, les phénomènes météorologiques externes, l’élévation du niveau de la mer, la hausse de température globale moyenne et les régimes pluviométriques imprévisibles ont des effets considérables sur les moyens de subsistance de la population, exigeant ainsi plus des moyens financiers pour adapter les politiques de développement durable au changement climatique, a-t-il relevé.

En termes d’adaptation, le Congo demande la protection des populations à travers une approche préventive de la gestion des risques, notamment dans les zones les plus menacées, qui s’appuie sur un système d’observation et de recherche pour mieux appréhender les risques climatiques actuels et à venir.

La protection du patrimoine naturel, de la biodiversité, des forêts et des ressources halieutiques à travers une approche d’adaptation ancrée dans la protection des écosystèmes ; celle des systèmes productifs sensibles au changement climatique comme l’agriculture, le transfert des technologies climatiques adaptés aux priorités de développement ; ainsi que des systèmes des infrastructures à fort risque sont autant des mesures d’adaptation demandées par le pays.

La République du Congo souhaite l’assistance de la Communauté Internationale dans le financement et l’assistance technique nécessaire à l’atteinte de ces objectifs, dans le cadre intégré d’adaptation-atténuation, a-t-il conclu. (ACI)

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