LA FETRASSEIC DEPLORE LES DEFICITS PERMANENTS DANS LE SECTEUR DE L’EDUCATION

BRAZZAVILLE, 30 NOV (ACI) – Le secrétaire général de la Fédération des Travailleurs de la Science, des Sports, de l’Enseignement, de l’Information et de la Culture (FETRASSEIC), M. Basile Ngoli a déploré le 25 novembre dernier à Brazzaville, les déficits permanents dans le secteur de l’éducation, occasionnés par les départs massifs à la retraite, les détachements des enseignants auprès des institutions politiques et le changement de ministère à la suite d’une formation.

            Pour M. Ngoli, il sied de combler ces déficits, en accordant la priorité aux candidats sortis des écoles de formation, aux bénévoles et prestataires ayant servi dans le système éducatif.

Ce constat a été fait au cours de la rentrée syndicale 2015-2016, placée sous le thème  «Adhérentes et adhérents de la FETRASSEIC, prenons la ferme résolution de renforcer notre action en vue de faire aboutir toutes nos revendications majeures». Selon lui, ce thème se justifie par l’ampleur des défis de tous ordres qui se présentent à eux et engagent leur responsabilité.

En effet, «cette question constitue l’une des préoccupations majeures de la fédération, impliquée dans le processus de la recherche des solutions à l’enrôlement des enseignants, en accordant une attention particulière aux ministères des enseignements lors des attributions des quotas de recrutement, afin de résoudre l’épineux problème de recrutement des bénévoles et prestataires», a-t-il signifié.

«Le processus d’intégration des pigistes de la communication se poursuit malgré le faible quota affecté au ministère, celle des décisionnaires du ministère de la culture reste un problème entier qui ne connait pas d’avancées», a-t-il ajouté.

Ainsi, le Secrétariat fédéral demande au gouvernement d’allouer un quota conséquent à ce ministère en vue de la prise en charge des décisionnaires afin de résoudre le problème du rajeunissement du personnel de ce secteur.

A cette occasion, il a procédé au bilan annuel de son action, orientée vers deux directions, à savoir, le renforcement de l’audience de la FETRASSEIC, et les résultats des négociations avec les membres du gouvernement relevant de son secteur. De ces négociations, la FETRASSEIC attend la publication des statuts particuliers, la publication des textes après la tenue de la Commission Administrative Paritaire d’Avancement (CAPA).

Ces statuts particuliers des personnels de l’éducation font l’objet des négociations sectorielles gouvernement-syndicats des enseignants qui ont abouti à la signature d’un premier relevé des conclusions le 16 septembre 2015. Ces négociations qui se sont poursuivies dans le but de signer un accord définitif, et à la publication des statuts ont été volontairement suspendues par la partie gouvernementale.

Au vu de ce qui précède, le secrétariat général a relevé avec regret le fait que «le gouvernement s’empresse toujours à décaisser les fonds du trésor public pour la résolution des problèmes politiques, ce qui n’est pas le cas, lorsqu’il s’agit des questions liées à l’amélioration des conditions de vie et de travail des producteurs des biens et services longtemps désabusés».

Il invite le gouvernement à relancer les négociations, qui pourraient amener dans le secteur de l’éducation, un climat de paix durable. La FETRASSEIC demande instamment au Président de la République, M. Denis Sassou-N’guesso, de s’impliquer personnellement dans la mise en œuvre des mécanismes relatifs à la retraite automatique, pour atténuer le calvaire des citoyens, de même que soient valorisées les pensions des retraités en rapport avec la nouvelle grille salariale.

«On ne peut pas, dans une même nation, privilégier les uns et abandonner les autres. Beaucoup de retraités, qui ont vu leur situation administrative révisée, ne bénéficient pas des pensions à leurs indices réels du fait que la CRF (Caisse de Retraite des Fonctionnaires) ne prend pas en compte les nouvelles situations. Dans le cas échéant, elle rendrait le gouvernement responsable des conséquences qui en découleraient à partir de janvier 2016», a martelé la FETRASSEIC.

Au plan national, le nombre d’adhérents n’a cessé de croître, et l’organisation prend davantage de l’envergure dans l’espace syndical. En même temps que la fédération a affermi la lutte pour la résolution des préoccupations capitales des travailleurs,  «elle a mené une politique de consolidation de l’unité syndicale avec les entités sœurs, notamment dans le secteur de l’éducation», a informé le secrétaire général.

 Au plan international, le secrétariat général s’est réjoui de la bonne santé de la coopération avec les syndicats d’Afrique, d’Amérique, d’Europe et les organisations, telles que l’Internationale de l’Education (IE), l’Internationale de l’Education Région Afrique (IERAF) et le Comité Syndical Francophone de l’Education et de la Formation(CSFEF). Elle a pris part à plusieurs rencontres internationales, notamment à l’atelier sur la syndicalisation à Ouagadougou au Burkina Faso, la conférence de l’IE Région Afrique à Nairobi au Kenya, l’atelier sur l’EPT à Kigali au Rwanda, l’atelier sur la syndicalisation des femmes à Libreville au Gabon, la réunion du Comité Syndical Francophone de l’éducation et de formation à Ottawa au Canada.

Au regard des comportements irresponsables et anti-démocratiques affichés par les politiques de tous bords, la FETRASSEIC s’interroge sur le devenir du pays. Elle les invite politiques à la retenue, au dialogue, au respect de l’autre et des valeurs de vivre ensemble.

           Par conséquent, pour éviter que le syndicat ne cesse de jouer son rôle, M. Ngoli a rappelé quelques valeurs qu’il sied d’intérioriser, notamment le respect scrupuleux du droit, l’indépendance vis-à-vis des partis politiques et religions, la défense des intérêts matériels immédiats et futurs des travailleurs, le progrès social, la tolérance et le respect de la personne humaine, la lutte contre la discrimination.

Pour le reste, la fédération, convaincue que les solutions aux problèmes des travailleurs passent par le dialogue, elle demande au gouvernement de convoquer avant le 31 décembre 2015, le Comité national du dialogue social dont les assises ont été suspendues depuis le 11 mars dernier.

Depuis quatre ans, la FETRASSEIC a instauré sa rentrée syndicale le 5 octobre de chaque année, conjointement avec la journée mondiale des enseignants. Cette année, pour des raisons de calendrier, notamment l’ouverture des négociations sectorielles gouvernement-syndicat, et la situation politique qui a prévalu dans le pays en octobre dernier, ces deux activités n’ont pu être organisées, rappelle-t-on. (ACI)

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