ACCROITRE LES CONNAISSANCES SUR LES METHODES DE CONTROLE DES MALADIES VIRALES DES PLANTES

BRAZZAVILLE, 12 DEC (ACI) – La responsable et chercheuse du Centre de Coopération Internationale sur la Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) de Montpellier en France, Mme Marie-Line Caruana, a animé, le 11 décembre à Brazzaville, une conférence scientifique sur le thème «Les virus des bananiers et leur contrôle», afin de doter les chercheurs et étudiants congolais en la matière des connaissances supplémentaires sur les méthodes de contrôle des maladies virales des plantes.

Mme Caruana a animé cette conférence dans le cadre du partenariat entre le CIRAD et l’Institut National de Recherche Agronomique (IRA), liés par le projet régional de recherche sur le bananier plantain intitulé «BBTD». Outre les responsables de l’IRA, le public visé a été composé essentiellement de chercheurs intéressés par la biologie moléculaire et d’étudiants en agronomie et productions végétales de l’ENSAF.

Parlant des virus, Mme Caruana les a définis comme étant des organismes infiniment petits qui ne peuvent être observés qu’à l’aide d’un microscope électronique. Pour ce qui est des virus qui infectent les plantes alimentaires, la chercheuse a souligné qu’ils sont responsables de pertes économiques sévères. Elle a cependant fait constater que leur impact est souvent sous-estimé.

Les virus, notamment ceux des bananiers, sont difficiles à diagnostiquer, car la plante infectée ne présente aucun signe de souffrance, a-t-elle expliqué, tout en précisant que les symptômes sont spécifiques.

S’agissant de la transmission de ces virus, la chercheuse a confirmé qu’elle se fait de façon mécanique et/ou par l’agent vecteur. En ce qui concerne les bananiers, cet agent vecteur est le puceron noir. Mais dans certains cas, l’homme participe à la propagation de ces virus lors des manipulations des plants sains en les mettant en contact avec les végétaux infectés. Cette contamination est appelée «transmission par échanges de matériel infecté», a-t-elle notifié.

Mme Caruana a classifié les virus des bananiers en plusieurs catégories, parmi lesquels des virus à mosaïques, comme le CMV, le BBrMV (Inde, Philippines, Sri-Lanka, Vietnam), le BSV, le BBTV (Asie, Australie, Afrique) qui commet beaucoup de dégâts économiques et le AbaMV (Philippines).

L’impact des virus sur les bananiers entraîne de lourdes conséquences. De la mort des plantes découle une chute assez drastique de la production. Les populations qui en dépendent connaissent au final une sous-alimentation si ce n’est une famine.

La lutte contre ces virus requiert non seulement une formation adéquate et des moyens appropriés, mais aussi et surtout un savoir-faire et une certaine sagesse dans l’utilisation des moyens dont on dispose. Les produits chimiques sont dangereux pour le sol comme pour les végétaux. «Les insecticides seront utilisés avec beaucoup de tact pour contrôler les populations virales afin de parvenir à maîtriser les moindres sources naturelles de résistance qui peuvent subsister», a-t-elle indiqué.

Selon la chercheuse, la stratégie de lutte la plus efficace repose sur le diagnostic, l’élimination des plants infectés, le contrôle des insectes vecteurs et l’utilisation du matériel végétal sain. La garantie contre les virus est assurée par la production in vitro des plants.

S’agissant du diagnostic, préserver les plants sains de toute éventuelle infection, nécessite la maîtrise de la technique de détection. De cette maîtrise découle un diagnostic sensible et adapté qui permet l’identification des virus malgré leur diversité morphologique, a expliqué Mme Caruana. «Le diagnostic est central pour le contrôle des maladies virales», a-t-elle conclu.

Au cours de cette conférence, les participants ont appris que le Bunchy top ou BBTV est le virus des bananiers répandu en Afrique.

Dans le cadre du partenariat CIRAD-IRA, Mme Caruana a effectué une mission de supervision des activités réalisées dans les localités d’Ilou Panga et de Pangui dans le district de Kimongo, dans le département du Niari. C’est à l’issue de cette mission, et à la demande de l’IRA, qu’elle a animé cette conférence, a-t-on appris.

Dans son allocution, le directeur général de l’IRA, M. Grégoire Bani, a exhorté les participants à cette conférence, notamment les chercheurs congolais et les étudiants à mettre à profit les enseignements à acquérir dans les domaines de la biologie moléculaire, de la phytopathologie et des méthodes de contrôle des maladies des plantes d’origine virale.

Pour les chercheurs congolais, cette conférence est bien venue, car elle se fait dans un contexte où les Congolais sont à l’œuvre, suivant l’instruction du Président de la République, M. Denis Sassou-N’guesso, de travailler à l’amélioration de l’accessibilité des populations à ces produits de base par la réalisation d’une production massive capable d’induire une diminution significative des coûts sur le marché.

C’est à ce titre que l’IRA, entre autres objectifs, a signé cette année avec le CIRAD la convention pour l’exécution du projet de contrôle de la maladie de Bunchy top du bananier afin d’améliorer la production de la banane au Congo, où elle est l’un des aliments de base, a signifié M. Bani.

Dans ce cadre, l’IRA travaille en partenariat avec d’autres organismes internationaux pour la mise en œuvre des projets conjoints. A propos, M. Bani a cité la convention signée avec le Centre Africain de Recherche sur Bananier et Plantain (CARBAP), installé à Njombé au Cameroun, pour la mise en œuvre du projet «Conservation et utilisation durables de la biodiversité des bananiers (MUSA) pour la sécurité alimentaire en Afrique Occidentale et Centrale», a-t-il confié. (ACI)

Benjamin MANKEDI

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