REDONNER CONFIANCE AU PEUPLE

BRAZZAVILLE, 16 MARS (ACI) – Une journée de la gastronomie française dénommée «L’Opération Goût de France» sera organisée le 21 mars prochain dans le monde entier avec pour objectif la promotion de la cuisine française, a annoncé le 14 mars dernier à Brazzaville, au cours d’une conférence de presse, l’ambassadeur de France au Congo, M. Jean-Pierre Vidon à Brazzaville.

A l’image des représentations diplomatiques françaises à travers le monde, l’Ambassade de France servira à la Case de Gaulle un dîner gastronomique privé aux invités du monde diplomatique, politique et culturel, du milieu des affaires et de la communauté des médias, a-t-on appris.

A cette occasion, M. Constant Bikouta, chef cuisinier à la Case de Gaulle, servira à ces invités le prestigieux menu qu’il a conçu pour cette journée de la cuisine française. Ce menu sera composé, entre autres, de feuilleté d’escargots, tartare de bar à la mangue, mini saucisses au magret de canard et poivre vert, velouté de potiron, crème glacée au foie gras.

Selon M. Vidon, cette opération de promotion de l’art culinaire français est appelée à devenir un cadre de rendez-vous annuel où davantage de restaurants participeront dans les années à venir. «Cette année, ce sont quelque 1500 restaurants qui y participent dans 150 pays à travers le monde. C’est dire si cette opération a suscité mobilisation et enthousiasme», a-t-il dit.

M. Vidon a donné cette conférence de presse en compagnie des représentants de six restaurants renommés de Brazzaville, à savoir «Le Sympathic», «Radisson Blu» de Mbamou Palace Hôtel, «Le Jardin des Saveurs» de l’hôtel Olympic Palace, «Mami Wata», «L’Orchidée», et «Le Bistro Parisien» de l’Hôtel Maya-Maya.

Prenant la parole à tour de rôle, ces représentants, en fait des chefs cuisiniers, ont, chacun, dévoilé le menu qu’ils serviront en dîner dans leurs restaurants respectifs pour cette journée du Goût de France. Parmi ces menus figure celui conçu par le restaurant «Radisson Blu», déjeuner et dîner compris.

Il se compose de terrine de foie gras, chutney de figues, pain d’épices et de salade de mâche à l’huile de truffe noire du Périgord ; de carré d’agneau en croûte d’herbes et de gâteau de pommes de terre et tomate de Savoie ; de feuilleté de saumon aux épinards, sauce hollandaise et de garniture Argenteuil ; de chariot de fromages français affinés ; de l’île flottante ou de Paris-Brest revisité et de glace vanille Bourbon.

Spécifiquement pour cette journée à Brazzaville, le prix du menu est fixé à titre promotionnel à 25.000 francs CFA, ont indiqué les restaurateurs au cours de l’échange. Pendant cette journée du 21 mars 2016, il s’agira pour les restaurants participants d’organiser des dîners qui soient placés sous le signe du partage et de la convivialité.

Rendant un hommage à la gastronomie française, M. Romain Dossou Yovo, chef cuisinier au restaurant «Le Bistro Parisien», a soutenu qu’«on ne peut pas parler de la cuisine française sans parler du foie gras».

Pour sa part, répondant à une question relative aux menus congolais qu’on aurait souhaité voir à la journée Goût de France, Mme Béatrice Elegido du restaurant «Le Sympathic», a exprimé son intérêt pour la cuisine congolaise, tout en pensant à juste titre qu’il serait bon, tenant compte de la délicatesse de l’art culinaire, d’être très sensible au goût du client pour un même met tel que le saka-saka qui se prépare de diverses façons.

Lancée en 2015 sur l’initiative de M. Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères au sein du gouvernement français, et du chef cuisinier Jean-Paul Ducasse, l’Opération Goût de France sera à sa deuxième édition cette année, après avoir rencontré un écho très favorable lors de sa première expérience. Cependant, s’étant poursuivie en 1914, cette initiative en faveur de l’art culinaire français a connu ses débuts embryonnaires en 1912.

Cet art français aux origines tant anciennes qu’élogieuses et marqué par le savoir-faire des chefs comme Jean-Paul Ducasse, a été classé au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2010. Ce classement a conféré au savoir-faire culinaire français une responsabilité qu’il faut assumer, entretenir et développer, a confié M. Vidon, signifiant ainsi que ces chefs français ont su tirer parti de la réputation de cet art gastronomique pour valoriser une activité économique.

Selon le diplomate français, manger a un sens extrêmement profond. Pour les Français, il n’est pas la simple satisfaction d’un besoin alimentaire. Manger, a-t-il précisé, participe d’un art de vivre que nombreux ont été les écrivains comme les personnalités politiques, et bien d’autres aussi, à élever au rang d’un instant libéré des contingences du quotidien pour devenir un moment de plaisir à partager entre connaissances, amis, ou simplement convives.

De cette observation, M. Vidon a dégagé l’importance du manger dans les relations humaines, en ce sens que «comme la musique peut adoucir les mœurs ainsi que le proclame le dicton, les plaisirs de la bouche autour d’un repas partagé auront parfois sauvé quelques situations politiques, diplomatiques, familiales ou affectives». (ACI)

Benjamin MANKEDI

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