DENONCER LE RACISME AU MOYEN DU RIRE

BRAZZAVILLE, 30 JUIL (ACI) – Le comédien camerounais, M. Valery Ndongo, a donné, le 29 juillet à Brazzaville, un spectacle d’humour avec son texte intitulé «Je suis noir et je suis raciste», afin de dénoncer le racisme au moyen du rire.

Durant près de deux heures, M. Ndongo a réussi à faire de son spectacle un concert de rires. A travers son texte plein d’humour, représenté à l’Institut Français du Congo (IFC), il a porté un regard averti sur les quatre grandes races de l’humanité, à savoir la blanche, la noire, la jaune et la rouge, sans oublier les minorités, entre autres les métis.

A en croire le comédien, outre le racisme classique qui porte à regarder autrement la peau de l’autre, chaque race entretien un racisme qui le ronge de l’intérieur de façon sournoise. Il s’agit par exemple du racisme que nourrissent les bantous à l’égard des pygmées ou de l’hostilité entre les nationalités.

A ce propos, il s’est inspiré d’un personnage biblique. «Si Noé était un congolais de Brazzaville, aurait-il permis à un congolais de la RDC, à un rwandais ou à un pygmée de monter dans son arche ?»

De même, l’exploration de la relation conflictuelle entre les personnes de race blanche et les rom en occident n’a pas échappé à la critique du comédien. Elle est une forme de racisme aussi préjudiciable que celui du bantou vis-à-vis du pygmée ou de l’homme noir à l’égard de l’albinos. «Le pygmée affranchi ne regarde-t-il pas autrement le pygmée qui demeure lié à la forêt ?», s’est-il interrogé.

«Le racisme est partout. Aucun continent n’échappe à ce virus», a soutenu M. Ndongo. Insistant sur la dangerosité de ce sentiment, il a eu recours à un adage pour dire qu’il peut être transcendé si on y met de la volonté : «On ne naît pas raciste. On le devient».

Ndongo a créé «Je suis noir et je suis raciste» à l’IFC, au cours d’une résidence d’écriture qui a duré quatre semaines. Il a fait son premier «one man show» en 2004 au Cameroun, a-t-on appris.

Prélude à son spectacle, huit comédiens, parmi lesquels MM. Nazaire Kiouari, Juste Parfait, Joste Pounga et Mme Rose Thérese, ont restitué des sketches créés lors de l’atelier de formation qu’il a animé en juin dernier. A la fin de la représentation, le nouvel ambassadeur de France au Congo, M. Bertrand Cochery, et le chargé d’affaires de l’ambassade du Cameroun, M. Basile Kenmogne, ont respectivement remis les diplômes aux participants à l’atelier. (ACI)

Benjamin MANKEDI

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