LA PRESSE ECRITE CONGOLAISE LOIN DE REFLETER LE PROFESSIONNALISME

BRAZZAVILLE, 30 AOUT (ACI) – Le président du Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC), M. Philippe Mvouo, a déclaré le 28 juillet à Brazzaville, que malgré les campagnes de sensibilisation menées par son organe, la presse écrite congolaise de manière générale, s’illustre toujours par des prestations qui sont loin de refléter le professionnalisme.

            Cette déclaration a été faite lors de la séance de travail qu’il a eu avec les ONG œuvrant dans le domaine de l’information et de la communication, pour que toutes les actions conjuguées puissent atteindre le but tant rêvé par tous, celui de voir la presse congolaise excellées dans le professionnalisme.

            Pour le président du CSLC, la presse écrite congolaise est caractérisée par la recherche du sensationnel ; la publication des informations non vérifiées et des ragots ; la prolifération des injures ; la diffamation ; la calomnie ; les titres qui ne cadrent pas avec le contenu des articles ; la prédominance de l’actualité politique sur le social, l’environnement, le culturel et l’économie ; la recherche du profit au détriment de la qualité des contenus.

            A cette occasion, il a cité quelques exemples des transgressions des normes légales, éthique et déontologies de quelques journaux parus il y a une ou deux semaines, tels que, le non indication de leur périodicité, leur adresse et leur imprimerie. Selon lui, plusieurs journaux publient des articles au conditionnel, sans preuve, sans prendre le soin de vérifier les sources d’information, aussi, a-t-il ajouté, la publication par certains journaux des informations tendancieuses, visant à semer le doute ou la vérité dans l’esprit des congolais.

            A cet effet, il a indiqué que la rupture prônée et exigée par le chef de l’Etat n’épargne pas la presse, demandant ainsi aux responsables des ONG ouvrant pour les médias et les droits humains, une prise en main concrète et constante des hommes de medias, en organisant des rencontres et des séminaires pour amener les uns et les autres à respecter les textes en vigueur en la matière, à faire preuve de professionnalisme, à publier des informations crédibles, vérifiées, vérifiables, diversifiées et non seulement politiques. «On ne le dira jamais assez que les journalistes sont les acteurs de développement d’un pays, au même titre que les acteurs politiques, les hommes d’Etat», a-t-il ajouté.

Dans ses propos, il a rappelé les 9 principes du journalisme qui ont été établis par deux américains à savoir, MM. Bill Kovach et Tom Rosenstiel, notamment, ce que les journalistes doivent savoir, ce que le public doit exiger, les principes clairs au fondement du journalisme et dont les citoyens sont en droit d’attendre le respect, pour vivre en êtres libres et autonomes.

Il s’agit de s’astreindre au respect de la vérité ; servir en priorité les intérêts du citoyen ; par essence, vérifier ses informations ; conserver son indépendance à l’égard de ceux dont on relate l’action ; exercer sur le pouvoir un contrôle indépendant ; offrir au public une tribune pour exprimer ses critiques et proposer les compromis ; donner intérêt et pertinence à ce qui est réellement important ; fournir une information complète et équilibrée et obéir aux impératifs de sa propre conscience.

Toutes les solutions aux problèmes qui ont été relevés au cours de cette séance de travail, a dit M. Mvouo, pourront être trouvées lors des états généraux de la presse qui seront organisés, d’ici peu. «La démarche est déjà enclenchée, nous allons vers les états généraux, vous seraient mis à contribution pleinement pour que cette messe soit véritablement l’occasion pour nous d’exorciser le mal qui sévi dans la corporation», a-t-il conclu. (ACI)

Blanchard BOTE

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