LA PRESIDENTIELLE REPORTEE POUR AVRIL 2018

BRAZZAVILLE, 19 OCT (ACI) – Les participants au dialogue national en République Démocratique du Congo (RDC), ont reporté le 16 octobre à Kinshasa, la présidentielle de ce pays à avril 2018, tandis que la majeure partie de l’opposition congolaise dénonce ce calendrier, exigeant la fin du mandat du Président Joseph Kabila Kabange au 19 décembre  prochain.

Cet accord prévoit de maintenir dans ses fonctions jusqu’à cette date, M. Kabila Kabange, tout en assurant que «les élections présidentielle, législatives et provinciales seraient organisées dans un délai de 6 mois à compter de la convocation des scrutins le 30 octobre 2017», a indiqué dans un communiqué, l’ex-Premier ministre togolais, M. Edem Kodjo, facilitateur du dialogue national en RDC.

Ces conclusions prévoient la constitution rapide d’un nouveau gouvernement, dont la tête devrait revenir à une personnalité de l’opposition. M. Vital Kamerhe, ancien directeur de campagne de M. Kabila lors de la présidentielle de 2006 et éjecté de la majorité présidentielle en 2008 alors qu’il était président de l’Assemblée nationale, fait figure de favori pour le poste de Premier ministre.

Pour M. Kamerhe, co-modérateur du dialogue politique national inclusif, représentant de la frange minoritaire de l’opposition présente à ce dialogue, «la présidentielle aura lieu le 29 avril 2018 ».  Cependant, le Rassemblement, constitué en juin par la majeure partie de l’opposition s’est dit  ne pas être concerné par les résolutions de ce forum. Il l’a exprimé par  des journées «villes mortes » dans le pays.

L’accord ne dit pas expressément que M. Kabila ne sera pas candidat à la fin de son mandat, comme le demandaient les évêques de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO). Il dit que les participants ont pris l’engagement ferme de respecter la Constitution, a indiqué M. Kamerhe.

Selon lui, certains observateurs de la vie politique de la RDC, l’absence de la majeure partie de l’opposition et de  l’Eglise catholique au dialogue national fait peser le doute sur la capacité de l’accord forgé après plus de six semaines de négociations laborieuses à réellement sortir le pays de la crise.

Par ailleurs, les ministres des affaires étrangères des 28 pays de l’UE, l’un des principaux bailleurs de fonds étrangers en RDC, ont appelé de leurs vœux un dialogue politique substantiel, inclusif, impartial et transparent en RDC. Ils ont menacé de prendre des sanctions contre Kinshasa dans le cas où la présidentielle ne serait pas organisée «dans le délai le plus court possible au cours de l’année 2017».

Des représentants de la procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI) sont depuis le 16 octobre en RDC pour appeler au calme et rencontrer des représentants officiels, des membres de partis politiques, la société civile et la presse. La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011. (ACI)

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