DONNER DE LA PLACE A L’HUMORISTE CONGOLAIS

BRAZZAVILLE, 1er NOV (ACI) – La 9ème édition du Festival International du Rire de Brazzaville a clos ses portes le 29 octobre dernier dans la ville capitale, ayant réussi, selon sa directrice, Mme. Loriate Bikouta, à donner de la place à l’humoriste congolais en particulier et en général à tous les comédiens qui ont pris part à cette édition.

Débuté le 27 octobre dernier, le festival «TuSeo» s’est clôturé avec 5 cinq représentations données respectivement par Mmes Princilia Lyna (Congo), Roukiata Ouédraogo (France) et MM. Cheknito (Mali), Titus Kosmas (Congo) et Oumar Manet (Guinée Conakry). Plusieurs thèmes ont été explorés par ces humoristes, parmi lesquels l’éducation des enfants, la relation entre Dieu et les hommes, la haine entre les humains, la gestion des crises dans le monde, la cupidité des policiers, le complexe et les préjugés au regard d’un parent qui vit en occident.

S’agissant de la gestion des conflits dans le monde, l’artiste Oumar Manet, dans un langage absurde, pense que «Les conflits sont traités de différentes manières, selon que l’on soit aux Etats Unis, en France ou au Congo».

Dans un des tableaux de son spectacle, Roukiata Ouédraogo explore les attitudes des parents de Ouagadougou face à leur fille qui vit en occident. A son arrivée au pays, cette dernière encaisse toutes sortes de paroles parfois mensongères et aberrantes dites pour plaire. «Comme tu as grandi ! Tu es partie toute petite. Je suis ta tante. Tu as souvent tété à mes seins». «Comme la fraîcheur de là-bas a changé ta peau ! Nous aussi, nous allons venir à Paris pour changer de teint comme toi». Mais il y a aussi toutes sortes de doléances, du genre «Ah, ma fille ! Comme tu es devenue une grande dame ! Je suis ton oncle. Peux-tu me trouver 50 euros ?».

Dans une interview accordée à la presse, Mme Bikouta a fait le bilan de cette 9ème édition. Elle a estimé que cette édition a atteint ses objectifs, entre autres l’arrivée à Brazzaville de tous les artistes invités et leur participation, la place donnée aux humoristes congolais, contrairement aux programmations des éditions précédentes ; l’apport conséquent de «TuSeo» à l’édifice culture, les échanges réussis entre les artistes d’une part ; d’autre part, entre les organisateurs et les artistes, sans oublier l’échange particulier entre le public et les comédiens.

«Nous devons l’atteinte de ces objectifs à nos partenaires, parmi lesquels le M ministère de la culture et des arts qui nous a toujours soutenus et accompagnés, l’Institut Français du Congo (IFC) qui a hébergé le festival, TV5MONDE, Airtel et Royal Air Maroc qui a permis le déplacement de tous les artistes en provenance de l’étranger», a-t-elle indiqué.

S’agissant de la performance des comédiens, Mme Bikouta s’est réjouie de l’ensemble des prestations, avec un accent particulier pour celles des artistes de Brazzaville, qui ont su donné leur meilleur d’eux-mêmes. «Cette performance est due à la nouvelle dynamique insufflée par Brazza Comédie Show, Brazza Land et d’autres activités autour du rire», a-t-elle expliqué.

A propos de l’avenir de «TuSeo», elle a assimilé ce festival à une graine qui a donné naissance à un jeune arbre dont la croissance se fait peu à peu au Congo. Ce jeune arbre, a-t-elle dit, a besoin de l’apport de tous, acteurs culturels, sociaux et économiques y compris, sans oublier les pouvoirs publics. Pour soutenir cette croissance, le festival a créé une association dénommée «TuSeo». Celle-ci est basée en France, avec une antenne en république du Congo.

«L’objectif de cette association est de faire du festival un outil social qui puisse œuvrer au développement humain en exploitant les domaines des loisirs, de la culture, des arts, des jeux et du bien-être, car autour du rire il faille créer d’autres activités nécessaires à l’émancipation de l’être humain». Selon Mme Bikouta, «TuSeo» veut œuvrer à donner une autre image au Congo. «A 95%, les artistes en provenance de l’étranger sont venus au Congo pour la première fois. Je suis certaine qu’ils vont repartir avec une autre image de notre pays», a-t-elle confié, tout en rendant un hommage au public qui a su faire du festival son événement.

Faisant une projection, la directrice du festival a été critique et explicite. «J’ai dit à mon équipe que l’édition 2016 a connu quelques manquements. De ce fait, nous devons apprendre à nous améliorer afin que les prochains rendez-vous soient meilleurs. Si tout marche bien, nous nous retrouverons à Brazzaville en octobre 2017, mais avec une édition à Paris sur un jour. Pour cette prochaine rencontre, nous organiserons une présélection nationale pour détecter les jeunes talents. Il nous faudra mieux communiquer cette fois-là», a-t-elle indiqué.

Pour parvenir à organiser cette 9ème rencontre arrivée à son terme, Mme Bikouta et son équipe ont surmonté les appréhensions nées de l’annulation de l’édition 2015, a-t-on appris. Créé en 2003, le Festival International du Rire de Brazzaville, «TuSeo», a été lancé en octobre 2004. Contrairement aux programmations des éditions précédentes, celle de 2016 a permis la visibilité des humoristes congolais en leur accordant plus de places. (ACI) 

Benjamin MANKEDI

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