STRATEGIE MULTISECTORIELLE DES ETATS DE LASOUS-REGION DANS LA LUTTE CONTRE LA MALNUTRITION

BRAZZAVILLE, 31 OCT(ACI)-  Le représentant de l’UNICEF   au Congo, le Dr. Aloys Kamuragiye a appelé le 31 octobre à Brazzaville, à une stratégie multisectorielle  des Etats de l’Afrique Centrale dans la lutte contre la malnutrition infantile qui affecte cette couche vulnérable  de 0 à 5 ans.

Se confiant à la presse au cours d’un point de presse relatif à l’Atelier sous- régional  sur le « Repositionnement institutionnel  de la nutrition   comme facteur  de développement » qui se tiendra du 3 au 5 novembre dans la capitale congolaise, l’orateur a souligné que l’Afrique Centrale est une région qui n’a pas connu des avancées significatives en matière de lutte contre la malnutrition depuis près de 25 ans.

« Lorsqu’on regarde la période entre  1990- 1992 et 2014-2016,  le nombre d’enfants malnutris  n’a  fait que plus que doubler dans la sous-région Afrique Centrale  de 143, 7%  par rapport aux années 1990-92. En conséquence  la  malnutrition demeure un problème de santé publique dans ces pays   », a fait remarquer M.   Kamuragiye.

Comparativement à l’Afrique de l’Ouest qui a connu une régression de la malnutrition au cours de cette même période à -24,5 %, l’Afrique de l’Est et du Sud respectivement  de 19,6 % et 2,3 %,   il y a lieu de se  préoccuper   sur la non progression des pays de la sous –région dans la lutte contre la malnutrition, a –t-il dit en substance.

 Le représentant de l’UNICEF au Congo a indiqué que  la malnutrition chronique a des conséquences néfastes  sur le développement  en Afrique  Centrale. Au Congo, environ  175.000 enfants de  0 à 5 ans souffrent de malnutrition  chronique, soit  un taux de prévalence  de 24, 4 %., a-t-il clarifié.

Les  études  montrent   que lorsqu’un pays investit  dans la lutte contre la malnutrition, il augmente son Produit Intérieur Brut (PIB) jusqu’ à 12%, de même  on obtient un retour d’investissement de 30 dollars. Dans cet même ordre, un seul dollar injecté  au cours de 1000 premiers jours de la vie dans la lutte contre la malnutrition rapporte près de 48 dollars, a-t-il argumenté.

Les évidences scientifiques prouvent qu’un enfant  atteint de malnutrition aiguë est neuf fois plus susceptible de succomber à des infections courantes et sévère,    a fait savoir M. Kamuragiye.

  A cet effet, cet atelier va être une occasion propice pour les Etats  de plaider pour que la nutrition soit considérée comme un facteur central  du développement de chaque pays, en d’autres termes  sur l’utilité de faire de celle-ci une priorité qui conditionnement l’accroissance économique d’un Etat ; d’échanger sur les mécanismes de financement novateur possible  pour lutter contre la  malnutrition ; ainsi que d’avoir une feuille de route  sur le positionnement de la nutrition  comme facteur de développement en Afrique Centrale.  Le directeur  de l’hygiène publique, M. Lambert Kitembo a pour sa part,  insisté sur l’objectif de cet   l’atelier sous –régional  qui consistera  pour les différentes délégations des pays de l’Afrique Centrale   d’avoir une compréhension commune sur l’importance de la nutrition  et de l’alimentation dans le développement socio-économique, selon une approche multisectorielle.

La rencontre de Brazzaville, donnera l’occasion  d’échanger sur les expériences  d’intégration multisectorielle, de vulgariser le contenu des deux documents stratégiques à savoir, la Déclaration  de Rome sur la nutrition et Cadre d’action, d’identifier les mécanismes de financement enfin de formuler des recommandations pour le repositionnement de la nutrition comme facteur  de développement dans tous les pays participants, a-t-il fait comprendre.

 Cet atelier regroupera les participants de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) et aussi les spécialistes, cadres et experts en nutrition des quatre agences de systèmes des Nations Unies,  l’UNICEF, le PAM,  la FAO et  l’OMS. (ACI)

Marna MANKENI

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