DONNER LE REFLET DE NOTRE SOCIETE

BRAZZAVILLE, 30 NOV (ACI)  –  La 1ère édition du Festival International du Film Auteur de Brazzaville dénommé «Titâri» s’est ouverte  à Brazzaville dans l’objectif de donner le reflet de notre société.

Pour cette première édition ouverte du 24 au 26 novembre, les créateurs du festival «Titâri», issus du monde du 7ème art et de la technique, ont mis l’accent sur des projections cinéma, des installations et des performances qui reflètent l’image contemporaine aussi bien de notre société que du monde au travers les représentations artistiques.

A cette ouverture organisée à l’Institut Français du Congo (IFC), trois films court métrage ont été projetés, à savoir «Mboté !», une fiction de 26 minutes de Tchopper Kabambi (République Démocratique du Congo), «Le domicile», une fiction française d’une vingtaine de minutes et «Le cœur de la bête», une fiction de 46 minutes de Ori Huchi Kozia (Congo).

Le film «Mboté !» peint les souffrances de Kanto, un jeune kinois diplômé et sans emploi, avec en fond sonore, de temps en temps, la voix d’un enfant qui déclame ses rêves, du genre «Quand je serai grand, je serai ministre de l’économie…», «Quand je serai grand, je construirai une grande maison…», «Quand je serai grand, je serai député national…», «Quand je serai grand, je serai président de la RDC et je payerai convenablement les fonctionnaires pour que leurs enfants ne soient pas chassés de l’école».

«Domicile», un film sans paroles, dépeint la vie d’un jeune homme en proie aux fantasmes nés de l’échec d’un projet de construction d’une maison dont le plan a été bien réalisé. «Le cœur de la bête» par contre est une fiction en hommage à Sony Labou Tansi, rendue par trois principaux personnages emportés tant par la vie que par l’œuvre du célèbre écrivain congolais.

Le festival «Titâri» s’est poursuivi le 25 novembre à l’espace «Ntebe» situé à quelque centaine de mètre du marché «Total» avec des projections vidéo art «Moudoumango» et «Trauma», suivies du documentaire «Boloko» de 26 minutes, de Pascale Touloulou (Congo).

Dans son allocution d’ouverture, la directrice adjointe de l’IFC, Mme Elodie Chabert a défini cette 1ère édition comme une plate forme de rencontres et d’échanges, ajoutant que «ce festival se veut non seulement différent de tous les autres, mais aussi se veut un modèle hybride».

Pour sa part, le directeur artistique de cet événement, M. Ori Huchi Kozia, a exprimé un vœu légitime. «Je veux que ce festival soit le reflet de notre société, à l’image du reflet que nous donne le «Titâri», c’est-à-dire le miroir», a-t-il confié.

Prélude à l’ouverture du festival, un scénario a été restitué, créé lors des ateliers d’écriture et de présence sur scène organisés du 21 au 23 novembre à L’IFC. Ce scénario, création de M. Ori Huchi Kozia, combinant plusieurs scènes à la fois sur un même plateau, a réuni plusieurs acteurs et un guitariste sur les planches et deux boxeurs sur un ring. Ces êtres de chair ont restitué une fiction en compagnie de deux robots, projetant ainsi l’image d’une société où l’homme confirme sa dépendance vis-à-vis de ses créations titanesques qui l’effraient parfois. (ACI)

Benjamin MANKEDI

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