LES ELEVES DU LYCEE DE MAFOUTA SENSIBILISES SUR LA RECHERCHE MEDICALE

BRAZZAVILLE, 30 MARS (ACI) – Les élèves du lycée Sébastien Mafouta, dans le 8ème arrondissement de Brazzaville, ont été sensibilisés sur l’intérêt de la recherche médicale en Afrique en général, au Congo en particulier et sur la place de la femme dans ce domaine.

Cette campagne de sensibilisation menée par la Pr Francine Ntoumi, chercheur, vise également à amener les jeunes filles à comprendre que les clichés selon lesquels les femmes ne sont pas faites pour les sciences sont totalement erronés. D’où la nécessité de faire évoluer positivement les préjugés sur les femmes dans les sciences et valoriser la carrière scientifique pour la femme.

La rencontre s’est déroulée en présence du proviseur du lycée de Mafouta, Jean Nicaise Nkodia ; ainsi que des responsables de l’enseignement primaire et secondaire du département de Brazzaville. Elle s’est inscrite dans le cadre de la campagne de sensibilisation des élèves (surtout des filles) aux caractères scientifiques.

Mme Ntoumi a interrogé les élèves sur leur représentation du métier de scientifique et sur ce qu’ils pensent de l’exercice de ce métier par une femme. Ces derniers lui ont répondu d’une manière générale, qu’ils appréciaient positivement ce métier. Certaines filles ont fait savoir leur volonté de l’exercer. Pour les encourager, le Pr Ntoumi a livré sa vision de la recherche médicale en se servant de sa propre expérience, notamment son parcours, les difficultés qu’elle a rencontrées dans sa formation, et ses satisfactions.

 Elle a souligné que l’Afrique porte le plus lourd fardeau de la maladie dans le monde en matière de recherche biomédicale. L’Afrique subsaharienne publie moins de 10% des publications mondiales ; l’Afrique centrale est la moins dynamique des quatre régions, le Congo est encore loin, sinon très loin.

Les raisons sont multiples, parmi lesquelles le manque de personnel qualifié, capable de servir valablement les besoins de la recherche ; les équipes de recherche généralement bancales ; le manque d’encouragement des techniciens supérieurs et ou d’ingénieurs de recherche.

La Pr Francine Ntoumi et la Fondation Congolaise pour la Recherche Médicale mènent la campagne de sensibilisation des élèves aux caractères scientifique en collaboration avec plusieurs institutions à savoir le gouvernement congolais, l’Université Marien Ngouabi, les Instituts de recherche (IRSSA, IRSEN, etc.) ; les médias ; la société pétrolière E&P Congo.

Mme Ntoumi détentrice depuis 1989 d’un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) en biologie, elle a décroché son doctorat ès Sciences à l’université Pierre et Marie Curie en 1992. Elle débute sa carrière dans la recherche sur le paludisme (immunologie et épidémiologie moléculaire) à l’Institut Pasteur de Paris. De 1995 à 2000, elle travaille comme chargée de recherches au Centre International de Recherches Médicales à Franceville (Gabon). De 2000 à 2005, elle est successivement cheffe de Laboratoire à l’unité de Recherches Médicales de l’hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné (Gabon) et à l’Institut de Médecine Tropicale/Faculté de médecine de l’université de Tübingen (Allemagne).

Engagée dans le renforcement des capacités de recherche en santé sur le continent africain, elle coordonne le Réseau régional d’Afrique centrale sur la tuberculose, le VIH/SIDA, et le paludisme (CANTAM).

Elle crée la Fondation Congolaise pour la Recherche Médicale (FCRM) en 2008, dont l’objectif est d’être un appui de plus à la recherche, la santé publique et l’enseignement supérieur au Congo. Récipiendaire du Prix RICE (Réseau international des Congolais de l’extérieur) du parcours individuel en 2012 ; du Prix le Prix Kwame Nkrumah de l’UA pour les femmes scientifiques en mars 2012.

 En mars 2015, elle a réceptionné le Prix scientifique Georg Forster de la Fondation Alexander Von Humbold  (Allemagne), et devient première femme d’Afrique subsaharienne bénéficiaire de cette récompense. Mme Ntoumi a est lauréate du Prix scientifique de la République du Congo de la télévision nationale et l’émission Panorama santé, en janvier 2016. Elle a reçu à Paris le Prix Christophe Mérieux de l’Institut de France pour ses travaux de recherche sur les maladies infectieuses en Afrique centrale. (ACI)

Alex MBEMBA

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