CONSTRUIRE UNE IDENTITE AFRICAINE

BRAZZAVILLE, 17 MAI (ACI) – Le cinéma africain s’est donné, au fil des décennies, la mission de prendre en charge l’histoire de l’Afrique et de construire une identité africaine, a indiqué, le 16 mai à Brazzaville, le spécialiste sénégalais des littératures et cinémas africains et caribéens, M. Sada Niang.

Niang a fait cette observation au cours de la conférence qu’il a animée sur le thème «Cinéma et histoire en Afrique francophone», à l’occasion de la 4ème édition du festival de cinéma et d’histoire dénommé «Festival Images et Histoire» organisé du 16 au 20 mai à l’Institut Français du Congo (IFC) sur la thématique «Le cinéma africain des indépendances : la reconquête par les Africains de leur(s) identité(s) et de leur histoire».

Selon lui, en Afrique, le cinéma a été introduit par le genre documentaire. Le cinéma africain s’est toujours approprié l’histoire des peuples africains pour l’accompagner et expliquer les sociétés de l’Afrique, a-t-il indiqué, poursuivant que le cinéma égyptien en est le précurseur.

Dans les années 60, avec l’émergence des mouvements nationalistes en Afrique,  des cinéastes tels que Sembene Ousmane, Oumanou Ganda et Moustapha Alassane ont commencé à placer sur celluloïd des images, des paroles et la créativité d’une culture populaire et engagée. La dénonciation de la fracture sociale, la revendication de soi, la nécessité de se raconter et de fustiger tout assujettissement étaient au centre de leurs productions. «Le mandat» (1968), «Un homme et son chien» (1955) ont été cités parmi les films où sont explorés quelques uns de ces thèmes.

Dans les années 90, la thématique du cinéma Africain a porté beaucoup plus sur les conflits sociaux, en raison de l’emprise des ajustements structurels sur les conditions de certains secteurs de la population.

Selon M. Niang, le cinéma africain des années 2000 produit des films qui s’adaptent à la télévision, dans l’objectif d’une plus grande audience. Ce type de production, qui se focalise sur la fiction, recherche plus le divertissement.

Parlant de l’évolution du cinéma africain, M. Niang a indiqué que ce progrès ne s’est pas fait seul. L’impact des jeunes africains formés en occident y a beaucoup concouru. Il a également mentionné l’appui financier du ministère français de la coopération qui a soutenu pendant longtemps le cinéma africain.

Malgré cette évolution, le cinéma africain, notamment celui de l’Afrique noire francophone, demeure confronté aux difficultés d’ordre matériel, structurel, financier et humain. (ACI)

Benjamin MANKEDI

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