CEMAC/CRISE ECONOMIQUE: LE REDRESSEMENT DE LA SITUATION D’ENDETTEMENT DE LA ZONE POUR CONSOLIDER DES RESERVES DES PAYS

BRAZZAVILLE, 27 MAI (ACI) –  Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la BEAC a retenu entre autres mesures supplémentaires, le redressement de la situation d’endettement de la Communauté Economique des pays de l’Afrique Centrale (CEMAC)  ainsi que le dispositif de l’apport de liquidités en urgence dans la communauté, en vue de consolider des réserves des pays de la zone.

Ces mesures  ont été adoptées lors de la session extraordinaire du CPM, tenu récemment à Yaoundé au Cameroun dans laquelle l’institution d’émission monétaire a reconnu «l’enracinement» de la crise dans les États de cette institution sous régionale.

Le CPM a également décidé de réduire les objectifs budgétaires des États, en fonction de leurs différentes situations. Selon des sources biens informées, deux pays de la région, en l’occurrence la Guinée équatoriale et le Tchad, seront touchés par une baisse de 20% de leurs objectifs de refinancement ; tandis que les autres, comme le Cameroun, la Centrafrique, le Congo et le Gabon, sont concernés à hauteur de 10% en moyenne.

Selon le gouverneur de la BEAC, M. Abbas Mahamat Tolli, cette situation a conduit la Banque centrale à changer les orientations générales de politique monétaire arrêtées sur la base des perspectives économiques et financières de la sous-région.

Constatant qu’en dépit  des mesures prises et mises en œuvre pour juguler la conjoncture, la tendance baissière des réserves de change reste encore loin de remonter la pente.

«La mise en œuvre de ces mesures devrait permettre de stopper la tendance baissière actuelle des réserves de change de la sous-région et favoriser le rétablissement à un niveau plus confortable et dans les meilleurs délais, de notre position extérieure», a souligné M. Abbas Mahamat Tolli à cette occasion.

Par ailleurs, le train de mesures adoptées lors du premier CPM en mars dernier au cours duquel la BEAC avait procédé au relèvement du taux directeur de 2,45% à 2,95%, le gel des plafonds d’avances statutaires aux États, le non-changement des objectifs de refinancement des banques, n’ont pas réellement porté de fruits.

Même si certaines sources estiment que la zone Cemac connaitra une reprise de la croissance économique réelle, avec un taux de 1,6% en 2017 contre 0,2% en 2016, il y a lieu d’être inquiet, a-t-il conclu. (ACI)

Simone NGALIFOUROU

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