CONGOE/CONOMIE : VERS LA CREATION DU COMPLEXE CONKOUATI-DIMONIKA ET AIRE MARINE PROTEGEE DE LA BAIE DE LOANGO

BRAZZAVILLE, 30 JUIN (ACI) – Le directeur des projets de création du complexe «Conkouati-Dimonika et aire marine protégée  de la baie de Loango», M. Constantin Mbessa, a annoncé le 30 juin à Brazzaville, au cours d’une interview exclusive accordée à l’ACI, la création de ce complexe avec un cadre institutionnel et réglementaire.

ACI : En quoi consiste le projet Conkouati-Dimonika ?

Constantin Mbessa (C.M.): Nous sommes d’abord à la phase pré-installation et avons la responsabilité de gérer deux projets. Il s’agit des projets de Conkouati-Dimonika et de l’aire marine protégée de la baie de Loango,  qui consistent d’une part,   à mettre en place un  complexe d’aires protégées de conkouati-Dimonika-Tchimpounga avec un cadre institutionnel et réglementaire et d’autre part, de procéder au classement d’une aire marine protégée sur le littoral congolais. La matérialisation du  projet du complexe  par  la mise en place des corridors  qui assurent la collectivité des aires protégées. Parce que ces trois aires  sont séparées par des massifs forestiers, consacrés à l’exploitation du bois.

ACI : Quels sont les objectifs visés par ce projet ?

C.M. : L’objectif de ce projet, est de créer les corridors écologiques qui assurent la collectivité de ces aires protégées. Le projet prend en compte aussi la réserve de sanctuaire des chimpanzés de Tchimpounga, située à quelque 8 km de la ville de Pointe-Noire.  Il s’agira donc d’ouvrir un corridor écologique entre l’aire protégée de Conkouati-Ndouli et la réserve  de biosphère de Dimonika, en passant par des travaux d’aménagement d’Unité d’Exploitation Forestière de Tombo (UEF), qui est à cheval  entre les deux.

En rapport avec les études écologiques cartographiques et socio-économiques, qui seront menées,  nous  envisageons le classement de l’UEF de Ntombo en une  réserve forestière afin de   faciliter effectivement la collectivité de Conkouati et Dimonika  et ensuite  entre Dimonika et la réserve de Tchimpounga  pour la faisabilité du 2ème corridor écologique, assurant la boucle de la  collectivité des trois aires protégées. Tel est donc la quintessence du premier projet, portant sur les aires protégées qui  existent dont  nous voulons améliorer la gestion à  travers le complexe.

A côté de cela, nous avons  le projet de l’aire marine protégée qu’il faut créer au niveau de la baie de Loango. Comme cela  sous-entend, il s’agit de la 1ère aire protégée en plein océan atlantique.  En effet, le Congo dispose  une façade maritime de 170 km. Dans cet espace, se développent  de nombreuses activités économiques. Sachant que l’activité économique  produit toujours des impacts sur l’environnement, et dans le souci d’atténuer ces impacts, et de préserver certaines espèces animales et végétales du littoral, nous envisageons de créer cette aire marine protégée.

ACI : Qu’est ce qui a motivé la création de l’aire marine protégée?

C.M. : C’est  l’existence d’un herbier  sous-marin qui permet donc aux tortues marines  et autres espèces animales et poissonnières de venir  s’alimenter et de se reproduire.

Cette motivation consiste à conserver l’écosystème, ses habitats ainsi que la biodiversité  qui s’y trouvent. La finalité est que l’exploitation de cet environnement ne puisse pas détruire tout ce qui existe. En le faisant, nous apportons une réponse durable à l’une des questions liées aux urgences de temps présents, au point 6  de la marche vers le développement, projet de société du  Chef de l’Etat, sur le comment contribuer à préserver l’environnement  au jour le jour.

ACI. : Pourquoi le choix de Loango ? 

C.M. : Les études préliminaires réalisées dans la  zone montrent que  ce lieu favorise la  reproduction des mammifères   marins et  de nombreux poissons  et assure leur pérennité.  La zone subie  une forte pression issue des activités de pêche industrielle, artisanale, pétrolières et minières qui se développent dans les environnements  de cette baie. Elle fait aussi l’objet d’une forte menace  par l’érosion côtière marine.

Dans la même zone, nous avons perdu beaucoup de vestiges. En effet, la baie de Loango est le site  historique de transit des esclaves  pour notre pays et les pays de l’Afrique Equatoriale Française. C’est par Loango que les esclaves en provenance  du Tchad, du Soudan, de la Centrafrique, du Congo et du Gabon transitaient  pour emprunter les navires en direction  des Amériques, durant la traite négrière. La baie de Loango a une importance histoire pour notre pays, et pour la région.

ACI : Quel est l’impact de ce projet sur la population environnante ?

C.M. : L’objectif  principal de ces projets, est  de faire que les  communautés  locales  participent moyennant leur implication dans la gouverne, à travers  la   contribution des ONG, des associations du secteur privé. Ces projets vont  accompagner ces communautés locales dans la mise en place des activités génératrices de revenus, en vue d’améliorer leur cadre de vie, dans leur existence quotidienne. Les populations ont  un rôle primordial à jouer dans le cadre de la mise en œuvre des projets. Comme vous savez,  dans la zone,  beaucoup des pêcheurs artisanaux  voient le rendement de leurs activités  baissé  du fait de l’envahissement de domaine par les bateaux de pêche industrielle, entrainant  la raréfaction des espèces et des  prises.

Il y a donc lieu de trouver des solutions permettant aux communautés locales de diversifier les activités économiques et culturelles dans l’optique de disposer les revenus additionnels pour leur besoin.

ACI : Comment vont-t-ils fonctionner ?

C.M. : Le gouvernement a signé  en décembre 2016, deux accords  de coopération avec  le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). La mise en œuvre de ces accords prévoit la création du complexe d’aires protégées de Conkouati-Dimonika et de de l’aire marine protégée de la baie de Loango. Le tout, sur financement  du Fond pour l’Environnement Mondial (FEM). Dans le cadre institutionnel , il est prévu la mise en place du  comité de pilotage qui est l’organe d’orientation  et de décision  dont la composition inclue les représentants des différents ministères impliqués dans le domaine de la conservation de la biodiversité, des partenaires techniques et financiers,  les institutions de recherche, de la société civile, des  populations locales  concernées. La présidence est assurée par le ministère de la tutelle. J’ai omis qu’il y a aussi les représentants de la Primature et  de la Présidence de la  République.

La note de service n° 0915/MEFDDE/CAB/PCDAMP/du 14 juin 2017 fixe la composition du comité de pilotage à 40 membres appelés à siéger une fois par an, en session ordinaire, et/ou en session extraordinaire  à la demande de 2/3 des membres ou en cas de nécessité.

Nous avons  la direction  des projets, l’organe d’exécution qui met en œuvre  les orientations et des décisions  du comité de pilotage.  Le directeur des projets qui  est assisté par un conseiller technique principal international (CTPI). Il y a un coordonnateur pour le projet  Conkouati-Dimonika et un autre  pour le projet  aire marine protégée. Nous avons également  deux administrateurs financiers  dont un pour chaque projet.  Ce personnel d’encadrement est recruté sur appel à candidature. Chaque coordonnateur dispose de deux  assistants. L’assistant technique,  un responsable des questions techniques et l’assistant socio-économique.  Nous estimons qu’avec cette organisation,  les équipes, une fois en place, faciliteront le fonctionnement des projets.

ACI : Quel type d’espèces trouve-t-on dans ces aires protégées ?

C.M. : Les espèces au niveau du parc national de conkouati-Ndouli qui est compartimenté en trois paysages à savoir  le  littorale, la savane et la forêt sont nombreuses. On trouve respectivement  la baleine, les requins, les tortues marines, les buffles, les éléphants, les  gorilles  et les chimpanzés. Au niveau de Dimonika, nous avons aussi l’ensemble de ces espèces terrestres comme gorilles,  le buffle, les singes l’éléphant,  les chimpanzés et plusieurs variétés de serpents, dont les vipères.

Au niveau du Tchimpounga, l’espèce phare est le  chimpanzé. Il existe  aussi  certaines  espèces d’antilopes, de chimpanzés sauvages et de  singes.

ACI : Ces projets sont financés à quel coût et par qui ?

C.M. : Le financement est assuré par le Fond d’Environnement  Mondial. A  titre indicatif, le coût  du projet de la baie  de Loango est estimé à 700 millions de FCFA et celui de Conkouati-Dimonika est à 1milliards 800 millions de FCFA. Naturellement, il y a la contrepartie du gouvernement et les autres partenaires qui travaillent  dans le secteur privé,  les ONG et les associations s’élevant à 15 milliards de FCFA. Ce n’est pas de l’argent liquide mis à la disposition des projets, mais des contributions en nature.

ACI : Ces projets sont-ils privés ou étatiques ?

C.M. : Ces projets sont de l’Etat congolais, développés avec l’appui technique du Programme des Nations Unies pour l’Environnement et financés par le Fonds pour l’environnement Mondial. (ACI)

 Claudite ONDELE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *