UA-LIBYE:LE MINISTRE GAKOSSO DENONCE LE RISQUE DE PARTITION DU PAYS

BRAZZAVILLE, 05 JUIL (ACI) – Le ministre congolais des Affaires étrangères, M. Jean Claude Gakosso, qui venait d’effectuer une mission pour le compte de l’Union Africaine (UA) en Libye notamment dans les villes de Tripoli et de Benghazi, prélude au 29ème sommet de cette organisation panafricaine, a dénoncé «le risque de partition» que court ce pays aujourd’hui divisé.

           Dans une interview publiée, le 3 juillet dernier à Addis Abeba par RFI, M. Gakosso qui dit avoir rencontré, au cours de cette mission, des personnages-clés de la crise libyenne, a estimé que «lorsque dans un pays, vous avez deux commandements militaires, vous avez deux gouvernements d’ailleurs, vous avez deux banques centrales, vous avez des institutions en double, c’est un danger réel».

Il a exhorté, à cet effet, «les Africains à agir avec célérité» pour la résolution de cette question qui a fait l’objet d’une réunion de haut niveau à Addis-Abeba, au 29ème sommet, tenu du 3 au 4 juillet dernier, en présence du Premier ministre libyen, M. Fayez al-Sarraj et du chef du comité de l’Union Africaine sur la Libye et du Président congolais, M. Denis Sassou-N’Guesso.

Selon lui, «la Libye, c’est vraiment la grande gangrène sur le continent africain». Interrogé sur les positions des deux hommes qui dirigent actuellement la Libye, le Président Fayez al-Sarraj à Tripoli et le maréchal Haftar à Benghazi, le diplomate congolais a indiqué qu’en réalité, ils font preuve de beaucoup de conciliations en ce moment. Et, ils sont tous d’accord pour qu’on améliore l’Accord de Skhirat, celui qui a été signé le 17 décembre 2015 à Skhirat au Maroc.

Cet accord prévoit un commandement, une sorte de présidence collégiale de neuf membres, cela ne marche pas. «Ils sont d’accord pour que le nombre soit ramené à trois par exemple. Ils sont d’accord pour qu’un personnage aussi important que le maréchal Haftar, qui a la force de frappe que l’on sait, soit pris en compte par cet accord de Skhirat», a-t-il expliqué.

«La Libye reste une et indivisible, l’idée c’est d’amener les uns et les autres à mettre un peu d’eau dans leur vin pour pouvoir s’asseoir à la même table», s’est exprimé le ministre Gakossso, appelant à un peu de prudence sur la question concernant l’arrestation du fils de l’ancien Président Kadhafi, tel que souhaité par plusieurs voix, tout en respectant, les délibérations de la Cour pénale internationale.

«(…) Il faut faire attention aux paroles que l’on prononce. Je le dis parce que j’ai entendu des paroles prononcées depuis une capitale européenne, depuis la Haye. Il faut quand même faire attention. C’est ce genre de paroles qui peut annihiler les efforts diplomatiques qui se font en ce moment», a réagi le ministre Gakosso. (ACI)

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