RDC/ELECTIONS : VERS UN PROBABLE NOUVEAU REPORT DES ELECTIONS PREVUES CETTE ANNEE

KINSHASA, 12 JUIL (XINHUA/ACI) – Le président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) en République Démocratique du Congo (RDC), M. Corneille Nanga, a déclaré, le 7 juillet dernier  à Paris, qu’il serait impossible d’organiser des élections générales avant la fin de l’année, laissant ainsi penser à un glissement vers un probable nouveau report.Nanga a fait cette déclaration à l’issue d’une réunion sur le processus électoral en RDC, organisée au siège de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) en France, disant en substance qu’«avant décembre, ça ne sera pas possible d’organiser les élections dans les conditions fixées par l’accord signé entre les acteurs politiques le 31 décembre 2016», ce qui a provoqué une vive réaction de l’opposition.

Conclu entre l’opposition et la majorité au pouvoir, sous l’égide de l’Eglise catholique, cet accord prévoyait que les élections présidentielles, législatives et locales soient organisées simultanément au plus tard en décembre 2017.

Selon le président de la CENI, les conditions de sécurité ne sont pas pour l’instant propices au bon déroulement du scrutin dans plusieurs provinces du pays, dont l’espace du Grand Kasaï, indiquant que les opérations d’enregistrement des électeurs sont encore en cours dans le pays.

«Nous travaillons de toutes nos forces pour parvenir à l’organisation de ces élections qui sont voulues par le peuple congolais. Il faut maintenant faire une évaluation objective pour fixer les différents délais nécessaires avant ces scrutins», a-t-il ajouté, espérant le lancement, avant le mois d’août, du processus d’enrôlement des électeurs du Kasaï, à la faveur d’une accalmie des violences meurtrières qui sévissaient dans cette région depuis plusieurs mois entre miliciens, soldats et policiers.

Pour le directeur général de l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH), une ONG, M. Hubert Tshiswaka, «l’annonce du président du CENI est illégale et arbitraire», ajoutant qu’«il n’y a aucun rapport ni aucune documentation qui peut soutenir une telle initiative de reporter les élections».

De l’avis du président de l’Union Démocratique Africaine (UDA), un parti de l’opposition, M. Claudel Lubaya, s’il n’y a pas d’élections à la fin de l’année 2017, le président de la CENI doit démissionner.

En réaction à l’annonce de M. Nangaa, les membres de l’opposition réunie au sein du Rassemblement ont annoncé une réponse après un conclave prévu à Kinshasa dans les jours à venir.

Il y a quelques mois, le ministre du Budget, M. Pierre Kangudia, avait déclaré que le gouvernement n’était pas en mesure, dans l’état actuel des finances publiques, de réunir le budget de 1,8 milliard de dollars prévu par la CENI pour financer le cycle électoral.

La RDC traverse une crise politique profonde aggravée par l’expiration, le 20 décembre dernier, du second et dernier mandat de l’actuel président, M. Joseph Kabila, a-t-on appris. (XINHUA/ACI)

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