CONGO-SOCIETE: JOSUE NDAMBA DECRIE L’USAGE DE L’ARGENT LORS DES CAMPAGNES ÉLECTORALES

BRAZZAVILLE, 14 JUIL (ACI) – Le linguiste et spécialiste des cultures congolaises, M. Josué Ndamba, a décrié  le 12 juillet dernier à Brazzaville, l’utilisation de l’argent par les acteurs politiques comme moyen de persuasion des  électeurs  tout au long de la campagne relative aux différentes formes de scrutin au Congo. 

           En tant qu’observateur et analyste averti des faits sociaux,  M. Ndamba a souligné que pendant la campagne, il y a deux asymétries qui sont confrontées sur le terrain. D’un côté, des candidats qui disposent de gros moyens financiers pour mener une campagne  aisée, et de l’autre, ceux qui attendent les derniers jours pour se lancer effectivement dans la «course de séduction des électeurs».

Dans ce contexte, il a fait comprendre que «les gens étaient motivés et assistent massivement  aux meetings des candidats, non pas par conviction politique, mais parce que l’on a promis de s’occuper d’eux à la fin de ces  retrouvailles, moyennant un montant fixé au préalable entre ces jeunes et les organisateurs des manifestations». D’ailleurs, ils exigent l’argent avant même d’y prendre part, a-t-il renchéri.

En dépit de  la non-prise en compte de leurs doléances par les acteurs politiques, ces jeunes sont à maintes reprises déçus par le comportement de ces politiciens après les élections. A cause de l’argent, ils  s’investissent à nouveau pendant les campagnes en faveur des mêmes candidats, en s’engageant sans ardeur pour faire élire leur candidat, a-t-il fait remarquer.

«Ces pratiques, si nous avons une justice autonome et libre,  elle ne devrait pas se laisser faire. Car les mauvaises habitudes, on les acquiert très facilement et elles sont très difficiles à s’en débarrasser», a notamment souligné le linguiste Ndamba.

Eu égard à ces comportements qui gangrènent la société congolaise, les associations s’impliquent constamment dans l’instruction de la couche juvénile, notamment la Fondation Niosi, les faisant comprendre qu’en acceptant l’argent, ils deviennent ipso-facto «les mendiants».

Selon lui, ces campagnes de sensibilisation commencent à porter des fruits, par le fait que dans certaines localités du pays, les populations réagissent de façon responsable face aux promesses des candidats, alors que ces serments ne relèvent pas du prorogatifs d’élus du peuple.

L’argent est devenu depuis plus de 20 ans au Congo, un moyen de persuasion des électeurs  dont les candidats aux scrutins s’en servent pour gagner la confiance des électeurs censés les élire. Ce qui fait que certains candidats qui ne disposent pas de moyens financiers suffisants sont dans l’incapacité de mobiliser les acteurs, ce, en dépit de leur programme soit-il séduisant, a fait observer M.  Ndamba. (ACI) Marna MANKENE

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