CONGO/CULTURE : LE ROMANCIER CONGOLAIS OBTIENT LE PRIX ETHIOPHILE 2017

BRAZZAVILLE, 08 SEPT (ACI) – Le romancier congolais Guy-Alexandre Sounda, auteur du roman «Confessions d’une sardine sans tête», paru aux éditions Sur le Fil, a obtenu le prix Ethiophile 2017 à la  3ème édition.

            Ce  premier roman relate la guerre militaire et civile qui a eu lieu au Congo Brazzaville et raconte la dépossession de soi et la fragmentation de la conscience à travers l’itinéraire nocturne d’un «ex-saigneur» de guerre qui tente de s’extirper à coups de gnôle et de mots nus du piège dans lequel les errances de son passé jonché de trop de douilles et de cadavres l’ont enfermé.

            Lyrique, truculent, soutenu par des expressions congolaises, ce roman introduit le souffle du théâtre et l’endurance romanesque de l’histoire d’un ancien milicien rebelle en refuge à Paris. Un personnage inventé qui a le courage de prendre la parole, de se raconter sur la place publique, d’exprimer sa révolte impulsée par le tracas du souvenir de ses victimes, tuées sans raison apparente, mécaniquement, ridiculement, comme le fut d’ailleurs son père, disparu de la même manière.

            Guy Alexandre Sounda est écrivain, conteur, enseignant, comédien, metteur en scène, animateur de radio. Son style d’écriture, «le papotage congolois», une profusion de mots à fleur de peau dont la résonnance révèle avant tout sa propre part d’ombre et de fragilité, est une forme de symbiose entre le drame, le poème et le conte.

            Se définissant comme un jongleur de mots, cet homme sans frontières, défricheur de territoires est né à Brazzaville, il partage sa vie entre Paris et la Vallée d’Aoste. Dans la capitale française, il  a créé «Vues d’ici & Vents d’ailleurs», un festival international des arts solidaires, et compte à son actif plusieurs tournées en Amérique du Sud, en Afrique et en Europe, puis de nombreux textes (articles de presse, chroniques, nouvelles, pièces de théâtre) dont Le Fantôme du quai d’en face, récit théâtral publié en 2009 au Québec.

            Créée en mars 2015, «L’Association Éthiophile» attribue le «Prix Ethiophile» chaque année, pour couronner des textes francophones à savoir romans, poésie, théâtre, essais. Pour 2017, étaient en compétition en dehors du lauréat : «Mon royaume pour une guitare», de Kidi Bebey (Éditions Michel Lafon) ; «Et ton absence se fera chair», de Siham Bouhlal (Éditions Yovana) ; «L’Appel de la lune», de Tidiane N’Diaye (Éditions Gallimard, Continents Noirs) ; «La Reine du tango», d’Akli Tadjer, (Éditions JC Lattès) et «Celui qui est digne d’être aimé», d’Abdellah Taïa (Éditions Seuil).

            La cérémonie de cette remise de prix se déroulera le 30 septembre prochain au restaurant «Le Procope», dans le 6ème  arrondissement de Paris, en France. Les deux premières éditions ont été remportées par deux lauréats haïtiens.  (ACI)

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