CONGO/PRESSE : NON RESPECT DU CODE DE BONNE CONDUITE PAR LES MEDIAS ET LES PARTIS POLITIQUES

BRAZZAVILLE, 18 SEPT (ACI) – Les médias, les partis politiques et les candidats ont bafoué les dispositions édictées par le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC) à travers le code de bonne conduite, le guide du journaliste et d’autres textes réglementaires les complétant.

           Ce constat est le résultat du rapport synthèse de régulation de la couverture médiatique des élections législatives, locales et sénatoriales de juillet et août derniers, publié le 15 septembre à Brazzaville.

Lors du dernier processus électoral, le CSLC a rappelé les règles de jeux. En effet, avant les 30 jours précédant la période légale de la campagne, le Conseil avait constaté avec amertume que les candidats indépendants et les états-majors politiques s’étaient lancés précocement dans des activités de campagne déguisée, foulant ainsi aux pieds les articles 44 et 45 de la loi 15-2001 du 31 décembre 2001 sur le pluralisme dans l’audiovisuel public, qui interdisent toute campagne déguisée.

Ainsi, pour mettre fin à cette pratique, le CSLC avait organisé en mai dernier à Brazzaville, une concertation citoyenne sur la campagne électorale déguisée. A cet effet, et le président du Conseil avait rappelé aux candidats, aux professionnels des médias, à la société civile, aux partis et groupements politiques que «les visites et tournées à caractère économique, social ou autrement qualifiées, effectuées par toute autorité de l’Etat ou par toute personne, toute association ou groupement de personnes sur le territoire national et qui donnent lieu à des manifestations ou des déclarations publiques de soutien à un candidat, ou à une formation ou groupement politique sont assimilées à des propagandes ou campagnes déguisées», selon l’esprit de l’article 44 de la loi 15-2001 du 31 décembre2001.

Pour le CSLC, les médias n’ont pas professionnellement joué leur rôle moteur aux fins du murissement de la conscience nationale par la diffusion des valeurs de la démocratie pour leur imprégnation par le peuple. La classe politique dans son ensemble est ainsi interpellée pour que le discours politique porte la clef d’un horizon à ouvrir, chaque fois qu’une élection est organisée.

Quant au suivi de la couverture médiatique des élections législatives, locales et sénatoriales de juillet et août 2017, il a été un exercice difficile pour le CSLC en considération des problèmes rencontrés. Les délégations conduites par les Hauts Conseillers n’ont pu se déployer que dans cinq départements, à savoir Brazzaville, Pointe-Noire, Niari, Bouenza et Likouala, sur les 12 que compte le pays.

Les difficultés rencontrées sur le terrain sont bien évidemment la conséquence de la modicité de l’allocation financière mise à la disposition du CSLC ainsi que le retard survenu dans la mise en route des délégations de ce Conseil, indique le rapport, tout en soulignant que la période d’observation du suivi de la couverture de la campagne électorale par les médias n’a été effectuée qu’en six jours sur les quinze prévus par la loi. Le Conseil a donc été absent au second tour des élections législatives et sénatoriales.

Selon ce rapport, il revient aux pouvoirs publics de favoriser l’ancrage de la régulation des élections dans la conscience collective, parce qu’à l’instar des autres Etats de l’espace francophone, la régulation des médias en période électorale demeure un impératif de l’exercice du jeu démocratique et vecteur de la décrispation et de l’apaisement des campagnes électorales. (ACI)

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