CONGO/VIOLENCE : VERS LE RENFORCEMENT DES ACTIONS DE PREVENTION CONTRE LA VIOLENCE BASEE SUR LE GENRE

BRAZZAVILLE, 20 SEPT (ACI) – Le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, M. Raymond Zéphirin Mboulou, s’est prononcé le 18 septembre à Brazzaville, sur l’une des priorités stratégiques de son ministère, celle de renforcer des actions de prévention et de développer la réponse de la Police à la violence basée sur le genre. 

           Cette orientation a été dévoilée à l’occasion de la cérémonie d’ouverture  de l’atelier de validation des directives sur les violences basées sur le genre et du guide de formation des agents de la Police qui se tient du 18 au 20 septembre, à l’issue duquel les participants devront adopter deux textes fondamentaux sur la prévention et la réponse aux violences basées sur le genre dans la Police.

Les directives claires et sans équivoques qui y figurent, a indiqué le ministre Mboulou, fourniront aux agents de la Police Nationale, la façon de prévenir la violence basée sur le genre et de faciliter l’accès des survivants aux services d’intervention de la Police. Elles décrivent, a-t-il ajouté, des actions concrètes qui peuvent être adaptées à toutes situations de violences basées sur le genre.

«Ces directives nous aideront à réaliser cet objectif stratégique», a-t-il poursuivi. Toutes ces propositions, a-t-on appris, ont été faites avec l’apport des pays comme l’Algérie, le Brésil et le Rwanda.

Avant de terminer son discours, le ministre de l’intérieur a exhorté l’ensemble du personnel de la Police Nationale à appliquer les normes minimales contenues dans les directives, dans toutes les actions, afin de veiller à ce que les mesures de prévention et des réponses à la violence basée sur le genre soient prioritaires et constituent un élément fondamental de la réponse en faveur de la santé, de la sécurité et le bien-être des femmes et des filles dans les situations de violence.

Intervenant à cette occasion, la représentante Résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), Mme Barbara Laurence, a déclaré que les violences sexuelles sont une des parties émergées de l’iceberg des violences basées sur le genre, au Congo et à travers le monde. Selon elle, dans une étude conduite conjointement entre le MSP et le FNUAP en 2015, 1381 cas reçus dans les centres de santé ont pu être analysés.

A cet effet, a-t-elle dit, 82% des cas concernant des moins de 20 ans, 20% des enfants de moins de 10 ans violés, pris en charge dans les formations sanitaires.

Dans de nombreux cas, a souligné Mme Barbara, les violences sexuelles ont été perpétrées par un membre de la famille ou une personne très proche de la famille. Malheureusement, a-t-elle notifié, trop souvent, la personne impliquée est en situation d’autorité, soit un enseignant, un prêtre, ou un homme en uniforme.

Pour sa part, le coordonnateur du projet «Prévention et réponses aux violences basées sur le genre dans la Police», le colonel de Police, Jean-Roger Kouni-Okogna a également rappelé qu’entre 2012 et 2014, 1381 cas de ce fléau ont été recensés dans 23 hôpitaux, dont 82% constitués de violences sexuelles et 18% de violence physiques.

Pour faire face à ces dérives, a-t-il fait savoir, un accord a été conclu le 25 octobre 2016 entre le ministère de l’intérieur, de la décentralisation et du développement local et le FNUAP. Un projet dit «Prévention et réponses aux violences basées sur le genre par les agents de la Force publique» a été mis sur pieds. (ACI)

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