NIGERIA/SANTE : UNE EPIDEMIE DE CHOLERA MENACE LA VIE DES FEMMES ENCEINTES

NEW YORK, 29 SEPT (XINHUA/ACI) – Une épidémie de choléra menace gravement la vie des femmes enceintes au Nigéria, a annoncé récemment à New York la délégation du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) qui s’est rendue dans ce pays d’Afrique de l’ouest.

           Selon Mme Sylvia Opinia, experte de l’UNFPA sur les questions de genre, les rôles traditionnels des femmes et des filles augmentent leurs risques d’exposition à cette épidémie. «Ce sont généralement les femmes et les filles qui s’occupent des membres de la famille malades, nettoient les latrines, achètent et manipulent de l’eau non traitée, préparent la nourriture pour la famille», a-t-elle fait remarquer.

Pour la spécialiste de la santé reproductive de l’UNFPA à Maiduguri (Nigéria), Mme Homsuk Swomen, le choléra pose un stress supplémentaire énorme sur le corps de la femme enceinte et sur le bébé à naître. Selon elle, des études montrent que les infections au choléra pendant la grossesse peuvent entraîner une perte soudaine du fœtus, un accouchement prématuré, des enfants mort-nés, une mortalité et une morbidité accrues, aussi bien pour le bébé que pour la mère.

Outre ces risques, l’UNFPA a noté qu’en raison du conflit en cours dans ce pays, de nombreuses femmes enceintes souffrent de malnutrition, ce qui aggrave leur vulnérabilité, une fois exposées à cette épidémie.

De l’avis du Dr Mohammed Aminu Ghuluze, directeur des mesures médicales d’urgence au ministère de la Santé du Nigéria, les responsabilités domestiques des femmes et des filles diminuent leurs chances d’être touchées par les campagnes de sensibilisation contre le choléra. De ce fait, il a indiqué que «des efforts particuliers doivent être entrepris pour les inclure dans les processus d’informations».

Selon un communiqué de l’ONU, l’épidémie de choléra sévit dans un contexte de violence politique provoquée par le groupe terroriste Boko Haram qui a perturbé les systèmes de santé et d’assainissement et a provoqué le déplacement de 1,7 million de personnes dans les régions du nord-est. Actuellement, beaucoup de déplacés vivent dans des camps ou des communautés d’accueil.

Ce contexte est à l’origine d’une épidémie de choléra qui a sévi dans l’Etat de Borno en août dernier, menaçant d’autres communautés déjà touchées par la crise humanitaire, a-t-on indiqué. Ayant dénombré 53 décès, l’UNFPA estime que 3.346 cas de maladie ont été enregistrés depuis que l’épidémie a commencé. (XINHUA/ACI)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *