CONGO/HANDBALL:Litoto Pambou plaide pour une gestion réservée aux sachants

Brazzaville, 21 Novembre  (ACI) – Pour atteindre l’expertise et le bon niveau du Handball congolais,  Lucien Litoto Pambou invite le politique à laisser aux sachants, la gestion du sport en général et du handball en particulier,  car le sport participe à l’économie nationale et à la visibilité du pays sur le plan international.«Le Congo demeure une nation de handball et  le pays a les atouts pour se relever, pourvu que le sport congolais adhère à la science et que le politique comprenne qu’au sport, c’est la technique et la tactique associées aux nobles vertus et non la camaraderie au niveau des instances sportives. Le sport ne devra en aucun cas copier la politique», a déclaré M. Lucien Litoto Pambou, en formation d’entraîneur de haut niveau de handball à la faculté des sciences du sport à l’Université de Leipzig en Allemagne, au cours d’une interview accordée à l’ACI.

Pour relever le niveau du  handball congolais,  ce sachant de la discipline, également enseignant de handball à l’Institut Supérieur d’Education Physique et Sportive (ISEPS) de l’Université Marien Ngouabi, appelle à un nouveau plan cadre,  impliquant les experts du sport, à la détection des jeunes talents, à la vulgariser de la pratique du handball dans tous les départements du pays, à rendre obligatoire le concept de catégorisation des minimes aux séniors et à créer des centres sport-études.

Hormis la conception de ce plan cadre, ajoute-t-il, il faudrait que l’État manifeste la volonté de soutenir cette vision de relance du handball et du sport Congolais en général.

Lucien Litoto Pambou n’accorde aucune chance à l’équipe nationale homme de handball,  à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations de 2018 au Gabon. «Soyons sérieux et réalistes, le Congo va à Libreville pour jouer le second rang,  à partir de la septième et huitième places si et seulement si les jeunes se donnent à fond, sinon nous allons nous battre pour l’avant dernière place de la compétition», estime Lucien Litoto Pambou.

Reconnaissant le talent   des jeunes joueurs pleins d’avenir, il dénonce cependant  l’éternel problème de l’impréparation et le  niveau excessivement bas du championnat d’élite avec un nombre très faible des équipes.

«La performance sportive se prépare à long terme, elle ne s’improvise pas, il faut de la patience pour arriver au sommet de la gloire sportive, car le sport est scientifique. Il faut des normes et des paramètres à respecter, de la détection jusqu’au haut niveau», a-t-il rappelé.

«Les dirigeants du handball congolais sont maîtres en improvisation, ils manquent d’honnêteté sportive», a martelé Lucien Litoto,   insistant  qu’on ne triche pas avec le résultat, le hasard n’existe pas au sport.

«Je suis fier de nos jeunes ambassadeurs talentueux qui sont ensembles depuis quasiment 6 ans, mais l’État, par le biais de la fédération, n’arrive pas à donner à ces jeunes gens, la chance  et les opportunités des conditions de travail adéquates, pouvant leur permettre de rivaliser les grandes performances».

Dressant un bilan du handball congolais, les 20 dernières années,  il  pense que le Congo faisait partie des grandes nations de handball, la preuve réside sur les multiples succès des dames de l’étoile du Congo, des diables rouges et de l’Inter-Club hommes en 1985 ; mais depuis 1997-2000, excepté le succès des dames de l’inter club à Tunis en 2007, à la coupe d’Afrique des clubs vainqueurs des coupes et des juniors dames, le bilan du handball est sombre.

Selon lui, le Congo n’a pas pu, en effet, gérer l’avantage qu’il avait sur les autres nations, il a fait du sur place. «Les autres Nations  nous ont largement devancés à cause des intérêts égoïstes des cadres et dirigeants du handball», affirme Lucien Litoto.

Pour Lucien Litoto, les causes de l’imperfection du handball congolais sont multiples. Il s’agit, entre autres, du manque de  relève de l’élite par la promotion des équipes des jeunes tant au niveau des clubs qu’au niveau de la sélection nationale, l’absence des formations permanentes des cadres technico-administratifs, le problème de prise en charge des pratiquants par un semi-professionnalisme sportif, le non-respect du concept de catégorisation sportive au niveau des ligues et des sélections nationales et la réduction accrue du nombre des clubs, fragilisant ainsi le niveau de la pratique de cette discipline.

De même, l’absence d’une politique de vulgarisation et de développement du handball sur le plan national par les dirigeants de la fédération, le bas niveau technique de certains encadreurs en charge des équipes des jeunes, figurent aussi parmi les faiblesses de handball congolais, conclu l’ancien handballeur international congolais, Lucien Litoto Pambou. (ACI)

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