CONGO/CULTURE: ENCOURAGER LES AUTEURS A LA CREATION D’UN PROJET DE SPECTACLE

BRAZZAVILLE, 20 DEC (ACI) – La 14ème édition du festival Mantsina sur scène s’est poursuivie le 17 décembre à Brazzaville, avec, entre autres activités, la lecture du texte «L’amour sous les linceuls» du dramaturge congolais, M. Gilféry Ngamboulou, dans l’objectif d’encourager à la création d’un projet de spectacle.Lu par l’auteur et les comédiennes Adolphine Milandou et Reich Mbemba pour la compagnie «Le théâtre sans voix», «L’amour sous les linceuls» est une pièce de théâtre de 35 pages, subdivisée en cinq tableaux. Elle compte trois personnages, à savoir Lina de Pépito, Mazarine et Lelouche. Elle dépeint un univers où l’amour naît et continue sa vie malgré les vicissitudes de l’existence, jusqu’à survivre à la guerre et à la mort.

Lina de Pépito a noué une idylle avec un serviteur de Dieu, Lelouche. Elle en parle avec joie et fierté jusqu’à souhaiter sa pérennisation, tandis que Mazarine trouve cette liaison amorale. La guerre qui survient engendre non seulement des morts, mais aussi des séparations et des rapprochements. Lelouche et Mazarine se trouvent dans un quartier investi par des hommes en armes. La survie est dans la fuite, suggère Lelouche. Mazarine s’oppose à cette option. Elle défend l’idée de demeurer cachés pour échapper aux escadrons de la mort. Dans cette absence de décision commune, l’amour s’invite et amène Lelouche à déclarer son sentiment d’affection à Mazarine qui semble ne pas s’en émouvoir. Mais quand survient la mort du soupirant, fauché par une balle perdue, cette dernière sent qu’elle aimait réellement l’homme qui vient de rendre l’âme.

Selon l’auteur, ce texte est un hommage rendu à l’amour, un sentiment si noble et puissant qu’il peut aider l’homme à surmonter les écueils de la vie. «Pendant la guerre, l’amour existe. Il est notre souffle. Nous sommes nés et nous vivons grâce à l’amour. Jusqu’à la mort, l’amour nous tient. Il est un sentiment fondamental dont l’humanité a besoin pour avancer», a-t-il dit au cours de l’interview qu’il a accordée à l’ACI.

Se définissant comme un porte-parole des opprimés, M. Ngamboulou a indiqué qu’on ne peut pas écrire si on n’a pas d’empathie et que ce qui se passe dans le monde ne devrait pas manquer d’interpeller les consciences. «Mon texte est l’expression de mon engagement face à certains faits déplorables de notre temps. Je suis un artiste. Je ne peux apporter ma contribution que par l’écriture, la mise en scène ou l’incarnation d’un personnage», a-t-il fait savoir.

Pour ce qui est du projet de création d’un spectacle pour son texte, M. Ngamboulou a décrié l’absence tant de subventions des pouvoirs publics que de salles de spectacles, citant à titre d’exemple l’état de délabrement avancé du Centre de Formation et de Recherche en Art Dramatique (CFRAD) qu’il a qualifié de temple du théâtre congolais.

«L’intérêt du public pour mon texte m’a galvanisé. Je vais réfléchir à la manière de faire un projet de création. Comment mobiliser les moyens pour parvenir à cette réalisation ?», s’est-il interrogé, espérant que la prochaine édition du festival Mantsina sur scène lui donnera l’opportunité de jouer sa pièce chez l’habitant avec des comédiens professionnels.

«L’amour sous les linceuls» a été lu pour la première fois en mai 2017 à Niamey, au Niger, a confié l’auteur. «Ce texte n’est pas seulement destiné aux Congolais. On écrit pour le monde», a-t-il poursuivi. (ACI)

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