RDC/CRISE LA LOI ELECTORALE ADOPTEE PAR L’ASSEMBLEE NATIONALE DIVISEE

BRAZZAVILLE, 20 DEC (ACI) – La loi électorale a été adoptée, récemment à Kinshasa, par l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo (RDC), malgré la polémique et les nombreuses critiques qu’elle suscite, apprend-on de source, digne de foi.
Le texte voté, le 16 décembre, a été «transmis au Président de la République pour promulgation», selon le président de l’Assemblée nationale. L’adoption de la nouvelle loi électorale par l’Assemblée nationale est le premier acte d’un calendrier qui doit aboutir, le 23 décembre 2018, à plusieurs scrutins dont la présidentielle, pour élire le successeur de M. Joseph Kabila.

Le député de la majorité, M. Henri-Thomas Lokondo, a dit qu’adopter la loi en l’état est une erreur, car l’obligation de recueillir 1% des voix au niveau national exclut de facto les candidats indépendants qui ne se présenteront que dans une circonscription.
«C’est la démocratie, mais c’est malheureux parce que tout s’est passé dans une espèce d’hystérie collective, alors que les gens savent bien que les indépendants sont automatiquement exclus. Cette loi sur ce point précis est anticonstitutionnelle, affirme M. Lokondo.

Il a demandé au Chef de l’Etat, qui est le garant de la Constitution, de «ne pas promulguer cette loi de cette manière. Il doit la renvoyer pour inconstitutionnalité. Et puis, si cela ne se fait pas, on va poser la question à la Cour constitutionnelle pour qu’elle nous départage».

Du côté du porte-parole du gouvernement, M. Lambert Mende, il assure que la loi sera examinée parla Cour constitutionnelle avant d’être envoyée au Président pour promulgation. Selon lui, cette loi électorale et le seuil de 1% pour pouvoir être député va permettre de faire le ménage et d’écarter les candidatures fantaisistes.

«En fait, il permet de réduire sur des bases objectives, le nombre des partis politiques. On se demande exactement ce que 700 partis politiques peuvent apporter à la vie démocratique.

Au contraire, ces candidatures fantaisistes de partis qui ne sont pas représentatifs rendent excessivement laborieux l’accomplissement par la plupart des électeurs de leur devoir de voter, et même le travail de dépouillement», a expliqué M. Mende Omalanga.

L’Accord du 31 décembre a demandé au gouvernement, à l’Assemblée nationale et au Sénat d’optimiser le processus électoral, a-t-il dit.

Pour sa part, le président du Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA), M. Joseph Olenghankoy, a appelé, le 18 décembre dernier, les partisans des Forces novatrices pour l’Union et la solidarité (Fonus), à faire preuve de patience, une année de plus, pour l’organisation des élections.

Il a également mis en garde ses anciens alliés du Rassemblement de l’opposition (RASSOP) afin qu’ils ne provoquent pas de troubles dans le pays. C’est un discours qui intervient à la veille des manifestations pacifiques appelées par l’aile du RASSOP autour de MM. Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi.

Il a invité le peuple congolais à la patience. Les élections ne sont plus très loin, a expliqué le président des Fonus, numéro un du CNSA. «Chers amis, 12 mois, ce n’est pas trop. Il vaut mieux les 12 mois qu’avoir des troubles dans le pays», a-t-il dit, insistant sur l’unité et la paix, deux facteurs importants, selon lui. (ACI)

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