CONGO/FAO : Nécessité de reformer les stratégies de développement du secteur agricole et rural

BRAZZAVILLE, 29 DEC (ACI) – La représentante de la FAO au Congo, Mme Anne-Rose Suze Percy Filippini, a souligné le 29 décembre à Brazzaville, la nécessité de réformer les politiques et stratégies de développement du secteur agricole et rural, en vue d’améliorer la situation alimentaire et nutritionnelle des populations.

            Malgré son statut de pays à revenu intermédiaire, le Congo a une prévalence de l’insécurité alimentaire nationale de l’ordre de 30,5% pour la période 2014-2016. Cette situation montre à quel point il est primordial d’éliminer la faim et la pauvreté sous toutes leurs formes, a indiqué Mme Suze Percy Fillipini au cours de l’atelier de sensibilisation des parlementaires dans le cadre de mise en place d’une Alliance Parlementaire de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle au Congo (APSANC).

            «Ce changement des politiques et stratégies passe, entre autres, par la mise à contribution des institutions influentes du pays à l’instar du Parlement en tant que dépositaires d’engagements politiques et élus du peuple. Les parlementaires sont incontournables pour réaliser les objectifs de sécurité alimentaire et nutritionnelle du Congo», a fait savoir Mme Suze Percy Filippini.

            Les améliorations en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle sont dues principalement aux politiques, aux programmes et aux cadres ancrés dans la législation sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. «Les parlementaires sont les mieux placés pour attirer l’attention des décideurs et des mandants sur les questions liées à la sécurité alimentaire et nutritionnelle au plus haut niveau de l’agenda politique et législatif, compte tenu, entre autres, des responsabilités législatives, budgétaires et de contrôle», a dit la représentante de la FAO.

            Cette collaboration est en général renforcée par des mécanismes au sein des parlements, notamment ceux qui existent déjà, comme les comités parlementaires permanents, les comités restreints spéciaux ou la création d’une alliance, d’un front ou d’un réseau parlementaires. Le mécanisme choisit sert de centre de coordination parlementaire pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, a-t-elle poursuivi.

Par ailleurs, Mme Percy a rappelé que le Congo dispose d’énormes potentialités naturelles pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de sa population, si sa production agricole occupe sa vraie place dans le développement. «Malheureusement, l’on observe paradoxalement, depuis quelques années, une explosion des importations alimentaires pour satisfaire les besoins en nourritures des Congolais. Cette explosion est due à la faible production agricole. La valeur de ces importations est évaluée à près de 1,2 milliard de dollars EU en 2016 pour couvrir environ 75% des besoins alimentaires de la population», a-t-elle notifié.

            Formulant le vœu que le démarrage de ce processus conduise à la formalisation de l’APSANC avant la fin du premier trimestre 2018, elle a dit que le Congo peut compter sur l’appui du système des Nations Unies et en particulier de la FAO, du PAM et de l’UNICEF pour atteindre cet objectif.

            Aussi, a-t-elle ajouté, les institutions onusiennes sont prêtes à accompagner le Congo dans ce processus qui nécessite des consultations avec les parties prenantes. Elles sont disposées à offrir une assistance technique pour l’élaboration des textes légaux et la mise en place d’instances de gouvernance.

            «L’initiative de l’Alliance Parlementaire est une nouveauté pour le Congo. Dans la région Afrique,  Madagascar est le premier pays à franchir ce pas et nous devons tout faire pour que le Congo soit le deuxième pays à le faire», a-t-elle souhaité. (ACI)

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