LIBERIA/PRESIDENTIELLE: GEORGE WEAH ELU PRESIDENT

BRAZZAVILLE, 02 JAN (ACI) – La légende africaine du football et sénateur George Weah a été élu nouveau président du Liberia en remportant largement l’élection présidentielle organisée dans ce pays, avec 61,5% des suffrages lors du second tour le 26 décembre dernier, contre 38,5% pour son adversaire, le vice-président Joseph Boakai.

Ces chiffres, attendus avec de plus en plus d’impatience deux jours après ce scrutin, portent sur 98,1% des suffrages exprimés, a indiqué lors d’une conférence de presse le président de la Commission électorale nationale, Jérôme Korkoya, indique une source sûre, précisant que 2,1 millions d’électeurs étaient inscrits.
Attaquant star de Monaco, du PSG et du Milan AC dans les années 1990, George Weah doit succéder le 22 janvier prochain à Mme Ellen Johnson Sirleaf, marquant ainsi la première transition démocratique depuis plus de 70 ans dans ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest, sorti en 2003 d’une longue et cruelle guerre civile.
George Weah, 51 ans, favori après être sorti vainqueur du premier tour du 10 octobre avec plus de 38% des voix, s’est montré sûr de lui avant et après le jour de l’élection. Le peuple libérien a clairement fait son choix et, ensemble, nous sommes confiants quant à l’issue du processus électoral, avait écrit le Ballon d’Or 1995 dans son compte twitter.

Sénateur depuis 2014 de la province la plus peuplée du Liberia, M. Weah avait choisi comme colistière Jewel Howard-Taylor, ex-femme de Charles Taylor. Mais tous deux affirment ne pas entretenir de lien avec l’ancien chef de guerre et président (1997-2003), condamné par la justice internationale à 50 ans de prison pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre perpétrés en Sierra Leone voisine. Il purge sa peine au Royaume-Uni.

Près de trois décennies après le début de la guerre civile, le Liberia s’apprête à vivre une transition en douceur. La présidente sortante, Mme Sirleaf, a signé le 26 décembre dernier un décret mettant en place une «équipe de transition» pour organiser un «transfert ordonné du pouvoir» dans un pays également marqué par l’épidémie d’Ebola.
Au Liberia, les manques dans certains secteurs clés comme l’éducation, la santé ou les infrastructures, y compris les routes, sont criants. Selon l’Agence des Etats-Unis pour le développement international, seuls 7 % des habitants de Monrovia ont un accès régulier à l’électricité. Et malgré d’importantes ressources de minerai de fer, de caoutchouc et d’huile de palme, la majeure partie des Libériens souffrent du manque de services élémentaires comme l’eau courante. Victimes du chômage, deux tiers d’entre eux survivent avec moins de deux dollars (1,70 euro) par jour.

Après la guerre civile, la croissance de l’économie libérienne, qui était remontée pour atteindre un pic à + 15,7 % en 2007, a stagné à nouveau, du fait de l’épidémie d’Ebola et de la chute du prix des matières premières. Le départ d’une grande partie des soldats de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul), déployée en 2003 pour pacifier le pays, a par ailleurs privé ce petit Etat de 4,6 millions d’habitants d’un budget considérable, contraignant le gouvernement à réduire ses dépenses, frappant de plein fouet les secteurs de l’éducation ou de la santé. (ACI)

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