CONGO/CULTURE : «UNE ROBE POUR DEUX», LE NOUVEAU LIVRE DE VIRGINIE AWE

BRAZZAVILLE, 24 JAN (ACI) – L’écrivaine congolaise, Mme Virginie Awé, a présenté et dédicacé, le 22 janvier à Brazzaville, son nouveau livre intitulé «Une robe pour deux», une œuvre qui se veut être un rappel à l’ordre adressé aux hommes qui manquent de considération envers leurs épouses stériles.Oeuvre romanesque, «Une robe pour deux» est paru en 2017 aux éditions LMI, à Pointe-Noire au Congo-Brazzaville. Il compte 111 pages, à travers lesquelles Mme Awé narre une histoire dont les personnages centraux sont Dzene-Dzene et Okwala-Kwala.

Frappé d’une laideur inqualifiable, Dzene-Dzene eut une jeunesse très studieuse couronnée par des résultats scolaires brillants, ce qui lui valut l’estime des amis, au nombre desquels les filles. Sa vie conjugale avec Okwala-Kwala n’est pas heureuse à cause de la stérilité de cette dernière. Mue par sa bonté et le souci de préserver l’union du foyer, Okwala-Kwala permet à son époux d’avoir un enfant hors du mariage. Cela ouvre une voie aux escapades pour l’époux qui, conquis par une vie enflammée, se permet des écarts qui portent atteinte à la dignité de son épouse. Blessée par tant de violences et les railleries du voisinage, celle-ci s’en va du foyer, emportant avec elle sa robe de mariée.

Selon le présentateur, M. Pierre Nsemou, «Une robe pour deux» est réellement une œuvre romanesque. Fruit de l’imagination, elle relate des faits qui se déroulent dans des endroits imaginaires où se meuvent et agissent des personnages qui ressemblent à des êtres réels. Cette ressemblance ne saurait être qu’une pure coïncidence, a-t-il poursuivi.

Dans ses notes de lecture, M. Nsemou a indiqué que l’idée majeure du livre présenté gravite autour de la problématique de la condition féminine que l’auteure dépeint avec une langue qui tient en haleine le lecteur et une écriture qui relève de la rigueur.

De l’avis du présentateur, Mme Awé écrit pour dire sa part de vérité à propos des maux sociaux qu’elle observe au quotidien, cela pour laisser à la postérité des pistes de réflexion. «A travers son récit, l’écrivaine met en exergue la bestialité masculine et la bonté féminine», a-t-il conclu.

Dans son regard critique du livre, M. Ramsès Mbongolo a noté que la force de l’écriture de Mme Awé réside dans l’enracinement de cette dernière à la culture de ses aïeuls. Ce lien est perçu à travers les réflexions de l’auteure qui puisent leur souffle dans les vieilles traditions.

«Une robe pour deux» est une œuvre romanesque réaliste, en ce sens qu’elle narre des faits imaginaires qui évoquent des réalités devant lesquels la conscience se trouve interpellée, a souligné le critique littéraire, poursuivant que ce livre est dédié à toutes les femmes qui souffrent des mésententes et de l’infidélité dans leur mariage.

«Le problème de fond de mon roman est la stérilité. Dans nos coutumes, quand l’homme souffre de ce mal, il y a un tabou qui est imposé. Quand cette incapacité se trouve du côté de la femme, le fait est étalé au grand jour. Cela est une forme de violence», a dit Mme Awé au cours de l’échange.

A travers son livre, l’écrivaine dénonce les violences faites aux femmes et exhorte à une concertation permanente entre les époux, en vue de la préservation de l’harmonie du foyer et la dignité des conjoints.

«Lorsqu’on évoque les femmes, cela renvoie à l’émancipation», a fait constater Mme Destinée Hermella Doukaga, ministre de la jeunesse et de l’éducation civique. Elle a noté que le roman «Une robe pour deux» soulève les problèmes récurrents de la société congolaise. En outre, elle a exhorté à l’intériorisation du message de cette œuvre.

Mme Virginie Awé travaille aux impôts, en qualité d’inspectrice divisionnaire adjointe de l’acompte sur divers impôts (ASDI) de Brazzaville. «Une robe pour deux» est son premier roman. Elle est l’auteure du recueil de nouvelles «Le silence de la tombe», publié chez Cana Editions. (ACI)

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